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IMMIGRATION ET COLONISATION 

DE BROMPTON ENTRE 1797 ET 1950


Bien que le sol de Brompton ait été foulé de manière sporadique par les Abénakis au cours du XVIIe siècle, la colonisation se fit graduellement à partir de 1797.

Les premiers arrivants furent essentiellement des Loyalistes, fuyant les Etats-Unis maintenant indépendants de la couronne britannique. Les premiers arrivants à s’établir près des chutes de Brompton, furent Osias et Jedediah Caswell, Samuel Pearce et Samuel Bishop.

Entre 1799 et 1801, les immigrants en provenance des terres américaines vinrent s’établir dans le canton de Brompton. Des terrains furent officiellement concédés le 27 novembre 1801, par la couronne britannique. Ce fut William Bernard et 25 de ses associés qui vinrent défricher les cinquième et sixième rangs de l’actuelle paroisse de Ste-Praxède.

Au cours du XIXe siècle, Brompton connut trois vagues d’immigration. Tout d’abord de 1800 à 1840, les immigrants américains et britanniques s’installèrent sur le côté ouest de la Rivière St-François, sur le chemin Giroux et le chemin de la Rivière.

La seconde phase d’immigration, qui se déroula de 1850 à 1880, salua l’arrivée des premiers colons canadiens français, dont l’un des premiers fut Zacharie Ponton, en 1873. Il s’établit avec sa famille sur le 5e rang. Puis, des colons d’origine britannique arrivèrent aussi pour défricher les rangs. Coïncidant avec l’arrivée des Irlandais au Canada, certaines familles ayant survécu à la pénible traversée vinrent aussi s’établir à Brompton; des noms comme Mullins, Tobin et Reynolds, font encore aujourd’hui parti du paysage et de l’histoire de Brompton.

La troisième et dernière vague d’immigration au XIXe siècle, qui s’étend de 1880 à 1890, est presque exclusivement composée de colons canadiens français. La plupart d’entre eux s’établiront dans les rangs, comme les familles d’Élzéar Couture, de Narcisse Boisvert, de Charles Castonguay ainsi que plusieurs autres vinrent gonfler les rangs des canadiens français établis à Brompton. Des francophones, comme Onésime Lambert, arrivée dans la troisième vague d’immigration, contribuèrent à l’essor économique de Brompton.

En 1864, la population bromptonvilloise atteignit 1500 habitants, dont 1000 de religion protestante et 500 de religion catholique. La première église fut d’ailleurs érigée en 1864. Le premier prêtre qui vivra à Brompton de manière permanente, le curé Jean-Baptiste Ponton, frère d’un des premiers colons, le fera en 1871 et le premier presbytère sera construit en 1872.

Le dernier soubresaut de la colonisation se fit graduellement au début du XXe siècle et fut encore principalement composée de canadiens français.

Le Brompton «urbain» du XIXe siècle se concentra principalement autour des rues Larocque, Roy et Notre-Dame. Le «Quartier des Anglais» faisait référence aux rues Iberville et Pleasant, situées sur la rive est de la rivière St-François, non loin de l’actuelle Kruger.

Durant le premier quart du XXe siècle, Brompton connut une formidable poussée démographique et urbaine autour du premier noyau du village. La superficie triple en l’espace de deux décennies, de nouveaux quartiers sont créés et sont plus différenciés, selon leur vocation résidentielle ou commerciale.

Source : Véronique Lessard