ALBUM SOUVENIRS



PUBLICITÉ SAUVAGE

Catherine K. Laflamme, artiste en arts visuels

David Prégent, graphiste

Deux termes : publicité et sauvage, aux antipodes l’un de l’autre se réunissent pour créer ce qu’on appelle une campagne d’affichage sur de nouveaux supports de communication.

Jumelant nos forces en alliant arts visuels, jardins et… publicité, nous proposons des bornes de lucidité passagère suggérant des comportements à adopter ou à éviter en société. Au fil des bornes, à la fois sauvages et civilisées, le visiteur pénètre dans une jungle remettant en question ses valeurs fondamentales, tantôt ludiques, tantôt dérangeantes, cette publicité à l’état sauvage est omniprésente et audacieuse.



PIMILHANSIK

Sébastien Breton, architecte paysagiste

Oscar Hacche, architecte paysagiste

En tant qu’architectes paysagistes, notre travail nous amène à façonner le paysage. Nous matérialisons nos interventions par un processus qui se nourrit de l’étroite relation entre le site, nos idées et la réalisation; le cycle, thème de cette année. Souvent amenés à intervenir sur des espaces de diverses natures et à des échelles différentes, le contexte à grande valeur historique de la rivière Saint-François est pour nous une occasion de manifester la nature tout comme les Abénakis ont si bien su nous le démontrer à travers le temps.

Les peuples des premières nations ont toujours considéré l’importance de l’échange énergétique des éléments de la nature qu’elle soit animale, végétale, hydrique ou minérale. C’est donc dans cet esprit et toujours en quête du genius loci que nous avons tenté de lire le paysage qui devient alors narratif.

L’interaction avec un lieu peut s’exprimer de différentes façons. C’est là ou la chute d’eau tourbillonne (pimilhlansik), dans cet univers ludique que le temps s’est arrêté l’instant d’un conte… celui que vous voyez. Génératrice d’actions et d’imaginaires depuis des millénaires, nous espérons que la rive de la rivière Saint-François saura une fois de plus vous faire du bien.



AUTOUR DU VENT ET DES RACINES

Yvon Proulx, artiste en arts visuels

La nature est forte. Elle voit de près et de loin tous les espaces disponibles. Elle connaît ses distances. Elle ne craint ni les hauteurs ni les terrains plats. Face au vide, elle est stratège. Elle sait aussi ne présenter d'elle qu'un visage passager, éphémère à nos yeux.

Elle a appris les règles du grand jeu du recommencement et de l'alternance. Cet été, j'ai comme projet de m'installer chez-elle. Je pense même pouvoir l'imiter un peu en plantant des fleurs ou des champignons. Tous faux évidemment. Des profils végétaux en bois taillés et détaillés dont les formes ressembleront autant à des fruits suspendus qu'à des bourgeons indécis. Des pousses inventées poseront donc là comme des figures immobiles, comme des boudins hérissés ou comme des têtes en balles de laine enchevêtrées dans leur emploi. Avec les vents et les racines, elles trouveront bien leur appartenance. Elles voudront aussi profiter de la saison.



ARBRE SOUCHE

Éric Laplante, artiste en arts visuels

Frédéric Saïa, artiste en arts visuels

Quand un arbre choisit de repousser dans une souche, est-ce pour se donner un piédestal de façon à dominer les autres végétaux, pour profiter du microclimat qu’offre cette dernière ou simplement pour mieux s’enraciner en son milieu? Histoire d’arbre : une semence se développe. Elle devient arbre. L’arbre devient grand arbre. L’arbre meurt (un mât sec). Il casse. Il ne reste qu’une énorme souche qui se décompose. Mousse, fougères et insectes, un microclimat à même la forêt, un petit jardin se façonne naturellement à même l’étendu sauvage. Coup de théâtre, un arbre repousse sur ce qui était un arbre. S’agit-il d’éternité ou simplement d’un cycle de vie?



DE PASSAGE

José Luis Torres, artiste en arts visuels

«La mémoire, offerte à l’observateur comme le journal intuitif d’un voyage initiatique, expose dans l’espace sa propre architecture. En pérégrinant d’un élément à un autre, d’une évocation à une autre, on assiste à la transformation de l’identité du nomade. Et par l’omniprésence de la terre, on aura compris qu’au terme de sa traversée, fort de sa nouvelle mémoire identitaire, le nomade se reconnaît et s’enracine.»

CARON, Geneviève. En transito ou la dialectique d’un regard voyageur, texte d’exposition, Centre d’exposition Circa de Montréal, 2008.



L’ARBRE EST DANS LA POMME!

Maude Pelletier, horticultrice

Josiane Tremblay, horticultrice

Claude Giguère, horticulteur

La thématique du cycle a fait germer en nous l’idée d’une pomme. La pomme fait référence au début des temps à Adam et Ève et aussi à la sphère, au cercle et au cycle. Tout commence par une graine au centre d’une pomme. La graine germe et donne naissance à une pousse qui évoluera au gré des saisons et maturera en fleurissant, puis en offrant une abondance de fruits. Ces fruits contiennent les graines qui permettront la poursuite du cycle. La pomme a aussi sa place dans l’évolution humaine sous forme de connaissance… En effet, l’homme a tiré profit de ce fruit qu’est la connaissance, nous amenant à l’abondance. Une abondance parfois démesurée…Si la vie est un cycle, où en sommes-nous rendu? Pour entrevoir le futur, il suffit de regarder le passé…



SANCTUAIRE… COMME UNE MAISON

Jean-Pierre Marcoux, architecte paysagiste

Le projet est un hommage à la vie en perpétuelle régénérescence de la nature et à la beauté qui s’y révèle. Le site aménagé constitue un sanctuaire (lieu sacré et protégé) dont le centre est relié au monde par un axe vertical (l’arbre de vie) et un axe horizontal (les quatre directions). Il est circonscrit pour en localiser le dehors et le dedans, avec un passage (seuil) pour baliser et consacrer le point d’accès entre les deux. L’habitat de l’arbre, le muret et la rivière en constituent les éléments majeurs autour desquels se greffent les diverses compositions artistiques inspirées par l’esprit du lieu (Genius Loci).