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PÉTROGLYPHES DES CHUTES 

DE BROMPTON


Un site exceptionnel


On a retrouvé très peu de pétroglyphes amérindiens au Québec. La découverte archéologique faite près du parc de la Rive a donc une grande importance. Lorsqu’ils ont été découverts en 1963, les pétroglyphes se trouvaient sur les rochers de la rivière St-François, à la droite de la Maison des arts et de la culture de Brompton. Ils couvraient une surface d’environ 6,1 mètres de large et 2,29 mètres de haut (20 pieds x 7,5 pieds). Une partie des pétroglyphes était même immergée.

Lieu de repos


La rivière face au parc de la Rive était, jusqu’au XIXe siècle, un lieu de portage. Les voyageurs qui empruntaient la rivière pour se déplacer devaient «portager», c’est-à-dire, qu’ils devaient transporter leur équipement sur la terre afin de contourner des obstacles à leur navigation.

Les archéologues croient que le rocher sur lequel se retrouvent les pétroglyphes était un lieu de repos privilégié lors du portage, car il précédait les chutes. De plus, il était assez éloigné de la forêt pour constituer une protection contre les moustiques.

Une découverte saisissante!


Au cours de l’automne 1963, Jean-Marc et Philippe Forest remarquent, sur un rocher de la rivière, près de Bromptonville, des inscriptions gravées dans la pierre. Ils font part de ces marques à l’archéologue René Lévesque. Ce n’est que l’année suivante que l’archéologue se rend sur les lieux et constate l’ampleur de la découverte. Ce qu’il y a vu l’a saisi : des dates du régime français ainsi que des figurines humaines et animales d’origine amérindienne.

À partir de ce moment, une seule idée le hante. Celle de protéger et de rendre accessible au public ce trésor d’art primitif. Il est urgent d’agir puisque la nature et l’action humaine menaçaient de détruire ce précieux patrimoine.

Mission de sauvetage


Pour sauver les pétroglyphes de la destruction, une solution s’impose : il faut les retirer de la rivière! C’est la municipalité de Bromptonville qui finance l’opération de sauvetage. Une compagnie est engagée pour détacher les blocs de pierre arborant les pétroglyphes en se servant de charges légères d’explosifs. Une fois cette délicate opération complétée, on a assemblé les pierres à l’Hôtel de ville de Bromptonville.

Un don au musée


En 1976, la Ville de Bromptonville a remis les blocs de pierre au Musée du Séminaire de Sherbrooke. Dix-huit ans plus tard, ils ont fait l’objet d’une expertise par des archéologues professionnels, qui les ont authentifiés. Depuis, les pierres ont été restaurées. Le public peut admirer quelques-unes des plus belles pièces au nouveau Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke.

De nombreux auteurs


L’observation des pétroglyphes démontre une diversité dans les époques de production. On aperçoit d’abord une couche de pétroglyphes d’origine amérindienne presque totalement disparue puis une deuxième couche amérindienne, plus évidente, se fond avec des inscriptions européennes. Finalement, une dernière couche d’inscription contemporaine se superpose aux autres. Il n’est pas facile d’interpréter les pétroglyphes amérindiens. Qu’est-ce que les auteurs ont voulu signifier avec ces gravures?

Au parc de la Rive, il est possible de consulter l’interprétation de ces pétroglyphes sur des panneaux explicatifs.

Source : Jean-Michel Longpré, historien, Comité du Patrimoine