l’exposition DES MEMBRES

« Que ce soit par la faune, la flore ou la présence humaine, la nature est façonnée par les nombreux êtres qui l’habitent. La relation entre chacune des composantes de son écosystème dicte un mouvement, un rythme, qui transforme le paysage au fil du temps. Le retour cyclique des saisons, les grandes migrations ou même l’alternance entre morts et naissances font de la nature une houle continuel, duquel nous avons l’immense privilège d’être témoins. Alors que la situation climatique s’aggrave à chaque année, que nous restera-t-il de ces multiples métamorphoses au quotidien? Avons-nous condamné la nature à n’être qu’une manifestation éphémère ou nous surprendra-t-elle par sa force et sa résilience millénaire? »
les artistes
Ako/Brigitte Baillargeon/Louise Binet/Line Blouin/Anne Bolduc/Michelle Boulay/Michel Caron/Geneviève Casas/Marie-Ève Cloutier/Linda Cyrenne/Louise D’Arcy/Claude Desjardins/Céline Dionne/Vincent Dubost/Maxime Durocher/Yolande Fortier/Gadoux/Marie-Ève L. Gagnon/Réal Gagnon/Philip Gravel/Allyna Harris/Christine Labelle/Lucie Lafrenière/Marie-France Lauzier/Isabelle Lauzon/Lazed/Denise Lieutenant/Nadia Loria Legris/Anaïs Marcil-Héguy/Louise Marois/Nicole Marie Morency/NISIN/Rita-Marie Noëllie Messier/Julie Normand/Petite Faim/Pier-Ann/Étienne Plante/Ponk/Suzanne Pouliot/Nicole Proteau/Elizabeth Proteau-Paradis/Dominique Rioux/Ida Rivard/Marielle Savaria Martin/Sylvie Schueler/Alex Tarussov /Tégée /Julie Vanasse
Automne 2025

LES EXPOSITIONS

ÉTAT PLASMA
par Mariane Tremblay et Gabriel Fortin
BIOGRAPHIE
Lire la biographie

Mariane Tremblay
Imprégnée de la campagne jeannoise où elle a grandi, Mariane Tremblay est une artiste en arts visuels, une auteure et une travailleuse culturelle qui vit à Larouche, au Saguenay. Elle œuvre en solo ou en collectif, notamment avec le Club de prospection figurée, dont elle est cofondatrice. Depuis plus d’une dizaine d’années, sa pratique a été développée et présentée à travers le Québec, au Nouveau-Brunswick, au Manitoba et en Colombie. Deux fois récipiendaire du Prix littéraire Damase-Potvin, elle collabore textuellement ou graphiquement à des éditions variées parues au Québec, en France et en Allemagne. Elle est détentrice d’une maîtrise en art de l’Université du Québec à Chicoutimi et enseigne les arts visuels au Cégep de Jonquière depuis 2024. Mariane cherche des signes de l’« extra ordinaire », en s’adonnant à entrevoir, voir, clairvoir.
Gabriel Fortin
Artiste au parcours interdisciplinaire, Gabriel Fortin œuvre en arts visuels et en cinéma. Ses courts-métrages et vidéos d’art ont voyagé autant à l’international qu’à travers le Québec. Ses œuvres en arts visuels ont été présentées dans des expositions individuelles et collectives au Québec et au Nouveau-Brunswick. Détenteur d’un baccalauréat interdisciplinaire en art et d’une maîtrise en art de l’Université du Québec à Chicoutimi, il y enseigne depuis 2021. Il entame présentement un doctorat en littérature et arts de la scène et de l’écran à l’Université Laval. Par la mise en perspective d’archétypes sociaux et de symboles de culture populaire, Gabriel Fortin incite le regardeur à réfléchir à sa propre condition et à la place qu’il occupe dans le monde. Ses œuvres portent en elles quelque chose de fataliste et posent, par le biais du contraste et de la rupture, du décalage et de l’ambivalence, les bases d’un questionnement sur les jugements de valeurs.
DÉMARCHE
Lire la démarche
Artistes originaires et établis au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Gabriel Fortin et Mariane Tremblay présentent leur tout premier projet d’exposition en duo, État Plasma, qui découle d’une légende urbaine liant le Pentagone et 800 habitants d’un petit village isolé de leur région. Développé sous l’angle de la pensée en arborescence, ce corpus, par ses approches thématiques et processuelles autour des réalités des régions excentrées, des faits divers et des faits scientifiques, a l’ambition de mettre en lumière une face cachée de notre histoire collective.
État Plasma se compose d’une installation rétrofuturiste multiforme cultivant l’aura de mystère qui entoure encore aujourd’hui le petit village isolé de Sainte-Hedwidge, qui aurait été le lieu d’accueil d’une mission secrète américaine menée dans les années 1980. Des théories du complot ont émergé des suites de la création présumée d’un énorme trou dans l’ionosphère au-dessus de la région, dans le but d’améliorer une étude sur la transmission de fréquences. Selon ces théories, la mission aurait eu comme dessein de contrôler l’esprit humain et aurait été à l’origine d’une hausse de cancers du cerveau dans la région, puisque le trou au-dessus de leurs têtes y aurait laissé traverser des ondes amplifiées et néfastes.
Des statistiques suggèrent que 4% de la population mondiale seraient en mesure d’entendre un étrange « hum » constant, une sorte de bourdonnement de la Terre, dont la source est encore scientifiquement difficile à expliquer.
Fascinés par cette faculté de l’humain à donner du sens à des synchronicités et à interpréter des symboles, les artistes visitent les potentiels poétiques de l’imperceptible pour sonder nos perceptions établies de la réalité, de la connaissance et de la vérité. Au moyen de composantes visuelles et sonores à la fois familières et énigmatiques, le projet associe l’imaginaire scientifique à une expérience artistique de manipulation de l’invisible.
Au-delà des trois états classiques de la matière – solide, liquide ou gazeux –, il en existe un quatrième appelé plasma et qui est le plus répandu dans l’univers. On le trouve naturellement dans le vent solaire, les étoiles, les éclairs ou encore l’ionosphère terrestre, où il joue un rôle significatif dans la propagation des ondes électromagnétiques.




Crédit photo @ Jean-Michel Naud

À TRAVERS MA PUPILLE
d’Anabelle Barbier
BIOGRAPHIE
Lire la biographie

Anabelle Barbier
Depuis aussi loin qu’elle se souvienne, Anabelle a toujours cultivé un imaginaire riche et foisonnant. Curieuse et sensible à son environnement, elle s’immerge avec intensité dans chaque expérience qu’elle vit. Guidée par une vie intérieure profonde, elle a entrepris au fil des ans diverses démarches pour mieux comprendre ses émotions et ce qui l’anime.
Sa formation en enseignement, en arts visuels et en arts et technologies lui a permis d’explorer différents contextes de vie et de s’engager activement dans le milieu culturel avec passion. Convaincue que l’art et la culture occuperont toujours une place centrale dans sa vie, elle souhaite offrir au public des expériences artistiques aussi significatives que celles qui l’ont aidée à mieux se comprendre elle-même.
Titulaire d’un baccalauréat multidisciplinaire et d’un microprogramme en arts et technologies, Anabelle poursuit aujourd’hui sa carrière en complétant un MBA en gestion de projets, avec l’ambition de se consacrer pleinement au secteur culturel. Elle aspire à faire rayonner l’art, à soutenir les initiatives artistiques et à créer des expériences qui touchent, transforment et rassemblent.
DÉMARCHE
Lire la démarche
Guidée par un imaginaire personnel riche, la démarche artistique d’Anabelle s’articule autour de l’expérience vécue, de la mémoire et de la temporalité. Marquée par une certaine nostalgie, elle explore des lieux familiers qu’elle revisite, habite, exploite et réinvente à travers son processus créatif. Ce va-et-vient entre réalité et réinterprétation donne naissance à des œuvres qui traduisent à la fois sa vision intime du monde et offrent au spectateur une expérience sensible et singulière.
Son travail prend souvent la forme d’installations photographiques, mêlant objets, espaces et images. Le temps y occupe une place centrale : l’accumulation de photographies et d’objets symbolise celle des souvenirs, des expériences et de l’intensité des instants vécus. Par cette matérialité abondante, Anabelle invite à une immersion poétique où passé et présent se rencontrent dans une réflexion sensible sur la mémoire.




Crédit photo: @ Jean-MIchel Naud

Expos intérieures de la saison estivale
Du 1er juin au 31 aout 2025, nous accueillons des artistes absolument phénoménales à la MACB. Sous le thème Corps territoire, Élise Legrand, Monique Dupras et Éloise Bastien ont, chacune à leur manière bien unique, transposer leur propre personne dans leur démarche, se mettant en scène devant nos yeux. Entre contorsion et perspective, cette exposition nous transporte dans une saga où les paroles laissent place au mouvement, nous questionnant sur notre propre relation au territoire, mais aussi au corps. Entre l’art numérique et l’art vivant, la photo et le in situ, Corps territoire transcende les balises de la performance et l’adapte dans un cadre visuel dynamique et chamboulant.

CORPS ESPACE
par Elise Legrand
B I O G R A P H I E
Lire la biographie
Danseuse, chorégraphe et directrice artistique basée à Sherbrooke, Elise Legrand développe ses projets artistiques avec un intérêt marqué pour le travail in situ et la création multidisciplinaire. Elle a créé une quinzaine d’œuvres chorégraphiques depuis 2010, présentées dans différents espaces publics et lieux extérieurs, festivals, musées, galeries d’art et salles de spectacles au Québec, au Canada et à l’étranger. Elle intègre régulièrement d’autres disciplines artistiques à ses œuvres et collabore avec différents artistes et organismes, créant un dialogue entre la danse et les arts visuels, la musique, la poésie, la vidéo et les arts du cirque. Impliquée dans son milieu et reconnue par ses pairs, elle fut lauréate du prix Résidence artistique en arts de la scène du CASJB en 2014 et finaliste au prix Excellence culture Estrie en 2020. Elle est diplômée du Conservatoire de Danse de Montréal (2002) et titulaire d’un baccalauréat en Histoire de l’art (UdeM 2006).
Elle fonde la compagnie Elise Legrand Créations en 2022 afin de structurer et poursuivre le développement de ses projets. Parmi les récentes réalisations de la compagnie figurent By his loving wife, spectacle grand format de danse-théâtre et musique, le solo Dé-Reconstruire et le court-métrage Au bout de nos traces. Ces œuvres ont été diffusées au Québec et au Canada (Festival Danse Atlantique de Moncton, Marathon de la création, Carré 150 de Victoriaville, Festival Fous de Théâtre de l’Assomption) ainsi que dans plusieurs festivals de films internationaux (Lisbon InShadow Screendance Festival, Moving Body Festival Bulgarie, Vienna International Film Award).
Invitée dans différents lieux de résidence et festivals depuis 2022 dont Salon58, Centre d’arts Rozynski, Festival de danse contemporaine FURIES, Festival Arte Basura (Puerto Rico), Elise Legrand poursuit sa démarche chorégraphique au travers des collaborations humaines et artistiques.
En plus de sa carrière comme chorégraphe, elle cumule plus de vingt ans d’expérience comme danseuse-interprète, est co-fondatrice de la compagnie de cirque LaboKracBoom ainsi que musicienne et chanteuse avec Ze Radcliffe Fanfare.
www.eliselegrand.ca
DÉMARCHE ARTISTIQUE
Lire la démarche artistique
Les projets artistiques d’Elise Legrand sont marqués par un désir de créer des liens, des ponts, des dialogues. Entre la danse et différents espaces, différentes disciplines artistiques, et différents publics.
Ses projets in situ visent à faire interagir la danse avec l’environnement, quel qu’il soit; à refléter la couche sensible d’un lieu à travers l’expression chorégraphique, tout en permettant une rencontre particulière entre le public, l’espace et la performance artistique. La rencontre et l’interrelation entre le mouvement et les arts visuels, la scénographie, la musique et d’autres formes d’arts vivants font aussi régulièrement partie de ses pistes de recherche.
Dans ses différentes créations en salle ou in situ, elle utilise l’expressivité du corps humain, son potentiel d’évocation visuelle et sculpturale, et la (dés)articulation du mouvement au service d’une recherche de sens artistique, symbolique, théâtral et poétique.
Elle est inspirée par les thématiques de transformation, métamorphose, de rituel et de passage.

CORPS DOULEUR/CORPS PAYSAGE
par Monique Dupras
biographie
Lire la biographie
Née à Montréal.
Monique Dupras a fait des études en graphisme à l’Institut des arts graphiques de
Montréal qui est devenu le CEGEP Ahuntsic.
Elle a poursuivi ses études à l’Academy of Art College of San Francisco où elle a obtenu un
BFA. Elle y a étudié l’illustration pour ensuite revenir au graphisme. Elle a travaillé au
studio Bob Ross Design à San Francisco.
De retour à Montréal elle a continué sa carrière en graphisme pour plusieurs firmes
(Gilles Robert et ass., Designlink, Gottschalk et Ash International, Burson-Marsteller,
Orchestre symphonique de Montréal, Éditions Chouette, Provigo). Elle s’est associée à
Diane Primeau pour créer le bureau Primeau-Dupras.
Elle s’est inscrite à l’Université Bishop comme étudiante libre. Elle a exploré les arts
textiles qui l’ont amenée au Japon pour participer à un atelier de teinture Indigo. C’est là
qu’elle a découvert toutes les possibilités qu’offrait la fibre comme matière d’expression.
Par la suite, toujours à l’Université Bishop, elle s’inscrit à des cours de photographie.
Elle a une pratique artistique en photographie depuis 2015.
Elle a participé à plusieurs expositions collectives et a réalisé des expositions solos.
Démarche artistique
Démarche
Lire la démarche
Dans ma démarche photographique je me suis intéressée à l’interaction de la figure
féminine avec son environnement et le monde des objets. Mes photographies se
présentent sous la forme de séries d’autoportraits réels ou fictifs.
Durant une année, j’ai documenté mes traitements médicaux dus à un cancer. Je me suis
intéressée aux transformations physiques de mon corps. L’évolution de ce projet m’a
incitée à créer des autoportraits fictifs transformant mon identité par l’utilisation d’objets
associés au féminin, perruques, soutiens-gorge, foulard, ainsi que par des accessoires
médicaux. Cette série est devenue la pierre angulaire de la poursuite de ma démarche
artistique.
Mes dernières séries se réfèrent à la thématique de la mémoire et aux non-dits d’une
époque révolue. Je crée des trames dramatiques dans lesquelles j’incarne une femme
errante, anonyme et sans visage qui déambule dans différents lieux, dans des paysages
naturels ou architecturaux désertés soigneusement choisis.
Drapée de voile blanc, ou vêtue de noir, elle exécute des chorégraphies. Est-elle à la
recherche de traces évoquant des personnes ou des lieux qu’elle a connus ? Est-elle
habitée par un sentiment de tristesse ou de perte ? Une histoire ou une narration se
crée, mais personne en connaît ni le début ni la fin. Ces performances théâtrales ne
durent que dix secondes, le temps de la prise de vue. Je fige un mouvement dans cet
espace-temps et mes autoportraits deviennent intemporels.
Face à ces mises en scène énigmatiques le spectateur conçoit sa propre interprétation
selon son identité, son âge, sa culture et son parcours.

CORPS-PAYSAGE/
S’HABITER
par Éloise Bastien
Biographie
Lire la biographie
Dès l’enfance, Éloïse Bastien découvre une passion existentielle pour la danse et la création, dans tout ce qu’elle comporte. Elle approfondit son amour pour la chorégraphie et l’improvisation à l’École de danse contemporaine de Montréal, tout en y développant parallèlement l’écriture, la composition et le dessin.
À travers sa formation, elle découvre sa fascination pour la recherche créative qui allie mouvement, mots et images de manière à favoriser la découverte du monde intérieur. Elle prend alors conscience de son désir d’être art-thérapeute, afin d’offrir aux autres cette manière singulière d’entrer en relation avec soi.
Après avoir complété un baccalauréat en psychologie incluant un certificat en arts visuels, elle complète cette année le microprogramme en art-thérapie de l’UQAT. Elle poursuit maintenant son chemin tant professionnel qu’artistique en s’intéressant aux thèmes de l’identité, de l’appartenance, du deuil et de la résilience.
Lire la démarche
Influencée par son intérêt pour la psychologie et le mouvement, la démarche d’Éloïse Bastien est un dialogue continu entre ce qui lui est révélé par la matière et son intériorité. Pour elle, se pencher sur ce qui se déploie dans le processus, c’est aller à la rencontre de questionnements principalement liés à deux grands thèmes: se lier (à soi, aux autres, aux lieux) et se détacher. Ainsi, ses œuvres évoquent certains questionnements : De quelle manière nos relations interpersonnelles nous lient-elles au territoire? En quoi notre perception des lieux change-t-elle selon ce qu’on y vit? Pourquoi la vie semble inhérente aux deuils, aux cycles vie-mort-vie? Enfin, comment investir le corps et tout ce dont il recèle tel un cadeau emprunté, en acceptant à la fois de l’écouter et, ultimement, de s’en détacher?
Se présentant souvent sous formes d’installations in situ, son travail se lie aux espaces qu’il habite tout en s’y laissant habiter. Tant en dessin, en photo, en vidéo ou en performance, le mouvement est au cœur du processus. La transparence et la suspension d’éléments rappellent quant à eux le temps qui passe…et les couches de sens et de liens qui s’y accumulent.
démarche
Lire la démarche
Influencée par son intérêt pour la psychologie et le mouvement, la démarche d’Éloïse Bastien est un dialogue continu entre ce qui lui est révélé par la matière et son intériorité. Pour elle, se pencher sur ce qui se déploie dans le processus, c’est aller à la rencontre de questionnements principalement liés à deux grands thèmes: se lier (à soi, aux autres, aux lieux) et se détacher. Ainsi, ses œuvres évoquent certains questionnements : De quelle manière nos relations interpersonnelles nous lient-elles au territoire? En quoi notre perception des lieux change-t-elle selon ce qu’on y vit? Pourquoi la vie semble inhérente aux deuils, aux cycles vie-mort-vie? Enfin, comment investir le corps et tout ce dont il recèle tel un cadeau emprunté, en acceptant à la fois de l’écouter et, ultimement, de s’en détacher?
Se présentant souvent sous formes d’installations in situ, son travail se lie aux espaces qu’il habite tout en s’y laissant habiter. Tant en dessin, en photo, en vidéo ou en performance, le mouvement est au cœur du processus. La transparence et la suspension d’éléments rappellent quant à eux le temps qui passe…et les couches de sens et de liens qui s’y accumulent.
printemps 2025

LES EXPOSITIONS

LA MÉMOIRE EN FIDUCIE
par Nathalie Grimard
Démarche artistique
Lire la démarche
L’espace principal de la galerie arbore une installation composée d’une série d’œuvres réalisées à partir d’objets, de documents ou de souvenirs appartenant à la mère de l’artiste. Certains objets ont été recouverts de cire, de sucre, submergés dans le miel, reproduits par perforation ou détruits, etc.. Ces manipulations ont le même but de saisir, cristalliser ou arrêter ce qui a été. Tels des fossiles, la matière adhère aux objets pour en dissimuler les détails ou, au contraire, en dévoiler de nouveaux. En les modifiant de la sorte, l’artiste arrive à leur donner une nouvelle apparence qui permet aux souvenirs qui s’y rattachent de perdurer dans le temps et surtout, d’en forger de nouveaux. En effet, en transformant de simples fragments du quotidien de la vie de sa mère, Grimard désire se décharger de la tâche de s’en débarrasser, à la manière d’une catharsis. En réalité, se défaire de choses qui ont appartenu à un être cher n’est pas si simple. Il y a un petit quelque chose de l’ordre de la trahison. En les transformant en objets esthétiques, cela permet de porter un regard nouveau sur l’histoire et de se questionner sur la charge d’une fiducie. Comment souligner l’importance d’objets qui n’ont aujourd’hui de signification que pour quelques intimes? Comment faire comprendre qu’ils sont porteurs de la petite histoire? Comment garder en mémoire les gestes du quotidien? Que faire devant la fragilité de la mémoire? Que faire des souvenirs quand il n’y a plus personne pour les activer? Cette réflexion fait ressortir la difficulté que vivent nos sociétés occidentales à faire face à la mort, étant donné que les anciens rituels ont été abandonnés, mais n’ont pas été remplacés. La mémoire en fiducie est en quelque sorte l’invention d’un rituel personnel. L’artiste montre que l’art permet de plonger dans les émotions et, en même temps, de prendre une distance. En modifiant des objets ordinaires en objets esthétiques, l’artiste donne une forme à la perte et parvient à lier le tangible et l’intangible. La disparition s’incarne : même si la mémoire tend à s’effacer, des traces subsistent.
biographie
Lire la biographie
Nathalie Grimard a complété sa maîtrise ainsi que son baccalauréat en arts plastiques à l’Université du Québec à Montréal. Récipiendaire du prix Pierre-Ayot en 2001, elle a présenté son travail dans plusieurs expositions solos, de groupes et évènements dont au Cégep du Vieux Montréal, à la galerie Trois points, à la Biennale du lin de Portneuf, le Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, au Musée d’art contemporain de Montréal, au Musée national des Beaux-arts du Québec ainsi que dans plusieurs institutions et centres d’artistes tels que la Galerie de l’UQAM, le Musée des beaux-arts de Sherbrooke, le Centre Sagamie, l’Écart, Centre Skol, Dare-Dare, la Chambre blanche et le Centre Expression. Son travail a également été présenté ailleurs au Canada et à l’étranger, notamment aux États-Unis, en Argentine et en Espagne. Ses œuvres font partie de plusieurs collections privées et publiques, en particulier celles de la Banque de Montréal, Giverny Capitals, le Musée national des beaux-arts du Québec, la Ville de Montréal, Loto-Québec, Hydro-Québec et le Cirque du Soleil. L’artiste enseigne depuis 2001 au Cégep Montmorency.

BANCS PUBLICS
par Louise St-Jean
démarche artistique
Lire la démarche
Une série de personnages grandeur nature et partageant la même communauté de pratique constitue cette exposition individuelle de Louise St-Jean. Chaque individu émane un bien-être, il est ici en accord avec cet endroit ouvert à tous et qu’il fait sien. Cette communion grégaire demeure toujours accessible, la vie y reprend son souffle, le temps se savoure. Ainsi, la quiétude des gens assis sur un banc public nous parle de temporalité et de spatialité. On observe l’instant des autres, goulûment. Les œuvres suggèrent une narration réaliste déployée sous une palette contrastée. Les corps se déposent, les mains sont grandes, au repos. Ces gens bien typés sont matures, ils semblent actifs et autonomes. Tous les individus ont une posture similaire qui occupe toute la surface de l’œuvre, évoquant un environnement large et accueillant au-delà du cadre. La facture est schématisée et les couleurs à l’huile sont traitées en aplats ou par de longues touches vibrantes, exécutées rapidement et cernées de noir afin de sculpter les formes avec force et expression. Toutes les toiles sont peintes sur des cartes du monde qui ont été dessinées par l’artiste. Ayant été cartographe, St-Jean utilise cet élément de son vécu comme assise à son travail. Elle y voit une strate de vie qui ne peut s’exclure de son entité, un cliché des gestes du passé enrichissant ceux du présent. Des toponymes de pays et de villes émanent tantôt d’une des figures humaines, d’un vêtement ou du décor. Qu’ils soient révélés ou uniquement en sous-strates, ces lieux inscrits sur les cartes évoquent les continents du monde réel ou rêvé par la peintre et ses personnages. En noir et blanc ou en couleurs, ces êtres humains sont les acteurs d’une époque. Ils peuvent la révéler car ils la contiennent tous. L’histoire du pays est assise sur un banc public.
biographie
Lire la biographie
Louise St-Jean est bachelière en arts plastiques de l’Université du Québec à Montréal. Elle œuvre dans le domaine des arts visuels depuis plus de 30 ans comme peintre, graphiste et scénographe. Ses œuvres ont été exposées à Montréal, dans les Laurentides ainsi qu’à Paris. Elle a été plusieurs fois finaliste pour la bourse McAbee de l’UQÀM et lauréate du premier prix des Arts visuels des Laurentides. Ses œuvres sont fréquemment utilisées comme éléments de décor de films et de séries télévisées. Après avoir créé une murale de 40 pieds pour le théâtre de la polyvalente Ste-Thérèse, elle a réalisé plusieurs affiches, programmes de pièces de théâtre, pochettes de CD. Elle a aussi fait la scénographie et les costumes pour deux pièces de théâtre pour enfants, jouées au Québec et en Europe.

NOBLEWOMAN
LA VOISINE DE BUDAPEST
par Anne-Julie Hynes
démarche artistique
Lire la démarche
Inspirée par le potentiel de chevauchement, d’intersection et d’anomalie qu’apporte le fait d’utiliser plus d’un médium à la fois, Anne-Julie Hynes propose, pour cette exposition, un travail d’art textile sur photographies intitulé De film en aiguille. Cette exposition individuelle est tout d’abord constituée de dix des quatorze œuvres de la série Noblewoman – des photographies des années 1940 transformées par un collage numérique. Produites lors d’une résidence artistique en Islande, elles ont été fusionnées avec d’autres de ses photographies ou même avec des photos de certaines des peintures de l’artiste. Imprimées sur différents papiers de formats variés, certains photomontages ont fait l’objet de travail textile supplémentaire, par l’ajout de fils ou de laine ou encore par la perforation. Pour Hynes, le collage est un monde composé d’intersections, d’images qui ne sont pas censées être ensemble. C’est un lieu de convergence, de rencontre et d’entrecroisement pour contribuer à rendre une œuvre d’art étrange et troublante. Par la juxtaposition de photographies, il est possible de réinterpréter les rythmes, les espaces négatifs ainsi que les couleurs. La deuxième série, composée de huit photographies identiques, s’intitule La voisine de Budapest. Prise lors d’une résidence artistique à Budapest, la photo originale représente un portrait de sa voisine de palier qui, à tous les jours, sortait sur la galerie secouer son tapis. De caractère ludique, cette série fut reproduite huit fois sur papier photographique métallique puis agrémentée de travail varié de points de couture et de garnitures textiles pour venir renforcer l’idée de la répétition quotidienne du geste.
biographie
Lire la biographie
Anne-Julie Hynes est une artiste multidisciplinaire de Montréal. Elle travaille avec différents médiums tels que la peinture, la photographie, le collage et la sculpture. Son talent lui a permis d’être choisie pour diverses résidences de recherche et de création artistique à travers le monde. Elle se considère aujourd’hui comme une artiste nomade.
Depuis l’obtention de son baccalauréat en arts plastiques à l’Université Concordia, les œuvres d’Anne-Julie Hynes ont été exposées au Canada, mais aussi en Chine, Pologne, Danemark, Allemagne, Autriche, Hongrie, Tahiti et Angleterre. Ses œuvres ont suscité l’intérêt des médias écrits et plusieurs de ses créations font partie de collections privées et publiques, dont La Ora Beach Resort (Tahiti), Énergir (Canada) et la Ville de Ste-Thérèse (Canada).
