Les Jardins réinventés de la Saint-François


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Édition 2017:


Cet été, le parc deviendra à nouveau un laboratoire d’expérimentation et d’innovation pour les artistes multidisciplinaires. Installation in situ ou land art, les artistes réaliseront des jardins contemporains empreints d’histoire et d’originalité. Quant au public, avide de nouveauté, il redécouvrira le parc sous un aspect créatif et innovant.

En créant Les Jardins réinventés de la Saint-François, il y a sept ans, la Maison des arts et de la culture de Brompton s’est positionnée dans la région en tant que diffuseur d’un art actuel, multidisciplinaire. Seul laboratoire d’innovation et forum d’expérimentations récurrent en art des jardins contemporain in-situ sur le territoire Sherbrookois, l’événement Les Jardins réinventés de la Saint-François est un lieu d’inspiration qui offre une vitrine stimulante pour les artistes. En sortant l’art des lieux institutionnels traditionnels, la Maison des arts et de la culture de Brompton se fait le lieu d’expression de propositions artistiques libérées des contraintes classiques d’exposition et s’ouvre à un plus large public. Elle se positionne donc également face à l’art d’aujourd’hui et ses nouveaux modes de présentation.

Sarah Boucher, conservatrice Musée des beaux-arts de Sherbrooke.

Thématique 2017

MÉMOIRE ÉPHÉMÈRE

Il y a de ces lieux comme le parc de la Rive qui par leur riche patrimoine historique et culturel, invitent à la rencontre entre l’Être et le Temps. La thématique de la mémoire était toute désignée pour souligner les 10 ans de l’évènement Les Jardins réinventés de la Saint-François, 10 ans d’enracinement et de croissance. Mémoire éphémère réfère concrètement à la nature éphémère de cet événement in-situ où chaque installation fait référence à la mémoire physique, symbolique ou encore historique du lieu. L’œuvre n’est là que pour un temps, le temps d’une rencontre entre la mémoire de l’œuvre et celle du visiteur.

Activité biologique et psychique permettant d’emmagasiner, de conserver et de restituer des informations, la mémoire est considérée comme un lieu abstrait où viennent s’inscrire les faits. La réminiscence de données passées s’étend sur une infinité de plans (scientifique, politique, sociale, médiatique, etc.) et peut être observée à l’échelle individuelle ou collective. La mémoire prend alors plusieurs formes (mémoire sélective, olfactive, auditive, tactile, à court et long terme, photographique, fictive, fabriquée, fragmentée, construite).

À l’ère des solutions de géolocalisation et des médias sociaux où chaque action est traçable, est-il vraiment plus simple de se souvenir ? Est-ce que ces dispositifs, capables d’enregistrer et de conserver les données, pourront un jour nous renvoyer une image aussi riche que celle de notre propre mémoire ? Comment arriver à capter et transmettre la mémoire d’un lieu, d’un événement, d’un instant? Qu’en est-il de la perte de mémoire liée à l’âge, aux traumatismes, aux expériences scientifiques controversées ? Comment arriver à transmettre la mémoire immatérielle de notre patrimoine oral ? Comment œuvrer à la préservation de la mémoire collective ? Ce sont là autant de questions que soulève la thématique estivale.

La Maison des arts et de la culture et le parc de la Rive sont des lieux empreints d’histoire (naturelle, culturelle et industrielle). Ainsi, le thème de la mémoire s’inspire de cette réalité et ouvre sur différentes avenues reliées tant à l’univers des arts visuels qu’à celui de l’histoire et du patrimoine. ­ Nous vous invitons à vous inspirer de ces différentes sphères. Vous pouvez consulter ce lien pour connaître la trame historique du site extérieur de la Maison des arts: http://bit.ly/2mqyLBp

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Les artistes participants 

Brigitte Dahan, Bromont

Au fil du temps

©Yves Harnois

>>> Écouter Brigitte Dahan

Conçue comme un parcours, l’installation Au fil du temps regroupe un ensemble de sculptures qui ont toutes en commun l’idée du temps et de la mémoire.

Au départ du parcours, un damier disposé au sol supporte des sphères de porcelaine fortement texturées, incrustées de fossiles et marquées d’empreintes. Ces sphères évoquent le début des temps, la mémoire génétique du monde… C’est le point de départ d’un sentier ponctué de sculptures qui abordent la notion de mémoire sous différents angles.

Ces sculptures évoquent tout à tour la mémoire collective, la mémoire numérique, la mémoire du corps, la mémoire du paysage ou la mémoire transmise par des signes écrits. Toutes les œuvres portent des traces qui, telles des rides, des cicatrices, des strates géologiques, ou encore des codes, témoignent du passage du temps et racontent une histoire.

À la fin du parcours, trois sphères de plus grande dimension évoquent le caractère éphémère de la mémoire qui, comme la matière, se transforme et se disperse au fil du temps. >>> Voir fiche complète de l’artiste 


Catherine K. Laflamme, Saint-Lambert

Ma mémoire est bleue

>>> Écouter Catherine K. Laflamme

Ma mémoire est bleue. Elle est remplie de nuances et sa couleur rappelle le ciel, l’eau, l’espace. Sa couleur opère une détente salutaire et agrandit l’espace tout en le rendant lumineux.

Ma mémoire s’étale, prend de l’expansion, mais elle a ses limites. Elle laisse entrevoir des trous, des failles qui font partie de mon identité. Dans ces trous de mémoire, il y pousse de l’herbe et des arbres qui ont pris racine depuis longtemps. Ma mémoire est vivante, avec le temps, elle pousse, mais inévitablement, s’effrite. Elle est éphémère.

Ma mémoire est matière. Je la travaille. Je la façonne. Je lui attribue les nuances et les variations que je désire.

Elle est entrelacée, parfois enchevêtrée et ne laisse entrevoir que certaines parties. Elle en garde d’autres cachées.

Ma mémoire est imprévisible et désordonnée. Elle est fragmentée. >>> Voir fiche complète de l’artiste 


Jean-françois Lachance, Sainte-Catherine-de-Hatley

Dites-moi un secret 

©Yves Harnois

>>> Écouter Jean-françois Lachance

Notre mémoire est faite des lieux enfouis dans les brumes du temps et de l’histoire des personnes dont les voix se sont tues à jamais. Mais qu’en est-il des récits incomplets ensevelis sous le silence de l’oubli ?
Dans l’effacement de ces secrets et de ces non-dits, il y a l’anéantissement d’un monde. Se les rappeler est un devoir d’ensemencement du futur. C’est une façon de ravitailler nos âmes en jetant des ponts de réunification entre hier, aujourd’hui et demain.

Ainsi, l’oreille disposée dans le parc de la Rive est un dispositif d’auscultation des moments d’histoire qui n’ont pas trouvé le repos. L’œuvre Dites-moi un secret désire solliciter les confidences du visiteur et peut-être sortir de l’ombre quelques secrets qui résistaient à se perdre dans le néant des choses.

L’oreille de l’édition 2017 des Jardins Réinventés sera temporairement ouverte. Les secrets profiteront-ils de l’occasion pour venir à sa rencontre ou veilleront-ils à se dissimuler pour toujours dans la sépulture de nos mémoires ? >>> Voir fiche complète de l’artiste 


Luc Pelletier, Sherbrooke

Sans racine ni cime

©Yves Harnois

>>> Écouter Luc Pelletier

Elle oublie parfois qui elle est, ses talents, ses forces, ses acquis, son estime
décline, elle doute, elle est sans racine.
Elle dénigre ses réussites, ses bons coups, elle est uniquement l’émotion du
moment, elle est sans branche ni cime.
Elle est comme l’arbre sans racine ni cime, pivoté sur lui-même par un draveur
anonyme, étourdi la direction du courant lui échappe !
La mémoire éphémère la submerge.
Elle chemine. Des sentinelles scrutent.
Le symbole de la liberté gravé sur les ardoises est un cairn spirituel.
L’arbre perçoit les formes humaines et animales. Il se représente les contours de
cette forme à l’aide de la sève qui gonfle et qui amincit ses fibres. C’est ce qu’il est
possible d’apprécier sur les trois pièces suspendues. La force créatrice qui
enflamme le sculpteur l’aide à révéler ces contours.
Marchez sur les pas des silhouettes ! Que vous révèlent ces contours laissés par la
mémoire éphémère de l’arbre ? Et si c’était vos contours ?
Je me souviens de la souffrance des traversées et de la célébration de la quête
achevée.

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Ryth Kesselring, Roxton Falls

Mémoires tissées

©Yves Harnois

>>> Écouter Ryth Kesselring

Intéressé par les mémoires, traces et perceptions du temps et de l’espace, Mémoires tissées se penche sur l’archivage de données et les souvenirs. Alors que nous chassons la meilleure image ou la dernière nouvelle dans la grande toile immatérielle, nous construisons une archive d’absences virtuelles vides et sans vie. En considérant la tendance à produire d’innombrables images qui se perdent dans nos archives intangibles, cette intervention propose une réflexion sur le territoire qui nous entoure en utilisant une technique ardue et de production lente; le tissage/la tapisserie. Questionnant l’incroyable nombre de données numériques, compilées dans un espace virtuel, ce projet ramène aux qualités physiques et tactiles de ce qui nous entoure.

En considérant les détails physiques tels que les couleurs, le son, la température et les visiteurs, ce tissage mémorise les détails d’un espace dans un temps donné. J’invite les visiteurs à continuer le tissage commencé afin de rencontrer ces Mémoires éphémères de manière tactile et physique. En utilisant cette technique ancestrale Mémoires tissées fait un lien aux formes traditionnelles d’archivage, car, le tissage a transmis de génération en génération les symboles, couleurs et techniques particulières qui identifient un territoire et/ou une communauté spécifique. Les textiles sont des archives vivantes et tel un texte, ils sont remplis d’interprétations et de mémoires. >>> Voir fiche complète de l’artiste 


Stéphanie Morissette, Sherbrooke

Les trois profondeurs de champ

©Yves Harnois

>>> Écouter Stéphanie Morissette

Une image en séquence, en trois temps, comme notre mémoire qui s’effrite et qui réinterprète le passé. L’installation fait référence à la drave et au métier qui fut pratiqué à Brompton au 19e siècle, en lien avec une importante scierie ici sur les berges de la rivière Saint-François. La forme des trous dans les panneaux rappelle l’iris, ce diaphragme qui comme dans une caméra, permet de contrôler l’entrée de la lumière et une meilleure vision de la profondeur de champ selon son ouverture. C’est par cet outil que les images s’empreignent dans notre appareil photo ou dans notre cerveau. L’œuvre permet à la fois un point de vue sur l’architecture de la Maison des arts et de la culture qui rappelle l’ancienne gare de Brompton, et un point de vue sur la rue Saint-Joseph où se situait réellement cette gare à l’époque. >>> Voir fiche complète de l’artiste 


Pierre Leblanc , Val-David

De vague et d’eau… ou à la recherche de la mer Patrie (oeuvre permanente)

©Yves Harnois

>>> Écouter Pierre Leblanc

Trapper au collet du temps l’eau de ma provenance, en l’occurrence, celle du golfe et plus près de ma naissance, celle de Montréal et de son fleuve. Donner vie à ses formes et les statufier. Cette partie océane de mes gènes m’habite constamment, car fils et petit-fils de marin, pêcheurs et autres navigateurs de l’archipel, mes souvenirs remontent à travers mes ancêtres jusqu’à la déportation que nous portons encore dans nos chairs à travers les âges.

Les temps sont anciens, les temps sont nouveaux…
À quel moment l’un et à quel moment l’autre ?
À quel moment l’un et l’autre, comme dirait mon ami Gaston Miron, aujourd’hui disparu.
Donc le temps est toujours actuel.

De vague et d’eau…, transporte mon histoire jusqu’à vous !

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Karine Pinsince / Liette Beloin / Audrey Guy / Sylvain Bourque 

Certificat en arts visuels de l’Université de Sherbrooke

Réminiscence

©Yves Harnois

>>> Écouter les étudiants 

Un corps mystique émergeant du sol, enraciné à la terre comme à ses récits, nous rappelle qu’une relation indissociable existe entre nos sensations, nos perceptions et la construction de nos souvenirs. Alors que nos sens agissent comme vecteurs subjectifs de nos mémoires individuelles et collectives, Réminiscence évoque le caractère spontané, involontaire et parfois incertain de ces souvenirs qui refont surface. Lorsque sollicités, les sens nous redéfinissent par la trace immatérielle qu’ils inscrivent dans nos corps affectifs. Le spectateur est ainsi intimement invité à participer à la création d’un dialogue entre l’art, la mémoire et les sens. Il est amené à vivre l’œuvre par le biais de son expérience particulière, c’est-à-dire, dans l’incarnation de ses souvenirs et de son histoire intrinsèque. Il est convié à circuler autour de l’œuvre, à lui toucher, à s’y asseoir pour en quelque sorte devenir son prolongement. >>> Voir fiche complète


Les étudiants d’Arts et Culture du pavillon Mitchell de l’école Mitchell-Montcalm

Animaux Originaux de nos forêts

©Yves Harnois

>>> Écouter Lucie Vincent

Chaque animal créé en équipe de deux élèves de 1ère secondaire, a été réalisé à partir de pièces de bois plus ou moins récent ou ancien. Une deuxième vie s’est offerte à ces objets tout en laissant transparaître une partie de leur passé. Ceux-ci ont gardé par le fait même, une mémoire de leur aspect utilitaire de jadis.

Parmi nos petits animaux, certaines parties du bois ont été colorées à partir de méthodes anciennes de teinture de tissu en utilisant, par exemple, des betteraves, du thé, du café ou du curcuma et des méthodes plus courantes comme l’acrylique. Des éléments additionnels apportés de la maison sont venus compléter le projet. >>> Voir fiche complète 


Les étudiants d’Arts et Culture du pavillon Montcalm de l’école Mitchell-Montcalm

Murmure éphémère

©Yves Harnois

>>> Écouter Brigitte Rouillard 

Comment capter et transmettre la mémoire d’un lieu abstrait, d’un événement passé, d’un instant précis lorsque l’on a seize ans ?

Voilà le projet présenté à une quarantaine d’élèves de 4e secondaire du pavillon Montcalm cette année. Le défi: réaliser une installation faisant référence à la mémoire physiologique de l’eau, à la mémoire symbolique et artistique, via le cubisme et le futurisme, ainsi qu’à la mémoire collective issue de différentes photographies des lieux de la Maison des arts et de la culture de Brompton.

Finalement, d’un lieu abstrait, l’eau, émerge une inscription de faits interreliés dans une œuvre picturale individuelle, puis collective… pas si mal pour de jeunes artistes en formation! >>> Voir fiche complète 


 

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