Programmation arts visuels



EN COURS



Fibre-moi l’espace

Saison estivale: 2 juin au 1er septembre 2024

VERNISSAGE //dimanche 7 juillet 2024

 


La fibre se définit comme un élément d’aspect filamenteux qui constitue certains tissus (comme de la fibre musculaire ou de la fibre nerveuse) ou un élément allongé constitutif d’un fil, d’une feuille de papier, du bois, etc. Il peut s’agir également de la sensibilité particulière de quelqu’un dans tout ce qu’il a de profond, de personnel, ou d’un sentiment, comme lorsqu’on dit “elle a la fibre maternelle” ou “Il fait jouer sa fibre patriotique”. 

La Maison des arts et de la culture de Brompton souhaite encourager les productions artistiques qui se déploient dans l’espace et qui contiennent au moins un type de fibre. Il peut s’agir de fibre textile, de fibre alimentaire, de fibre végétale, de fibre optique ou de fibre de l’être, comme mentionnée plus haut. 

À la frontière entre la sculpture/l’installation et la fibre, se retrouvent des possibilités multiples et infinies. Du micro des entrelacements et des agglomérations de filaments en allant au macro de l’occupation d’un lieu, d’un interstice, d’un espace négatif ou d’un étendu ouvert et sans fin. La saison estivale de la MACB prévoit mettre de l’avant la multitude des fibres qui constituent le monde actuel et leur manière singulière de nous définir, nous constituer, nous influencer mais aussi de nous envelopper ou de créer des nœuds en nous.


Ces petites morts domestiques, Elisabeth Perrault

Ces petites morts domestiques articule le thème de l’ennui à travers la solitude, la lassitude, l’inactivité, l’attente, le spleen et la dépression. À l’aide de textile, Elisabeth Perrault décrit dans cette exposition un profond ennui quotidien qui s’introduit vicieusement dans le confort de notre domicile ; un ennui qui déprime, habite, épuise et paralyse. Bien qu’inconfortables, lorsqu’ils sont vécus, ces moments nous font reconnaître l’insignifiance de notre présence et donnent un certain vertige existentiel. C’est ainsi que l’artiste interprète l’ennui comme des petites morts qui surviennent au cours de notre existence. 

 

Le tissu et les matières textiles révèlent une certaine intimité, vulnérabilité et sensibilité pour l’artiste. Nous dormons avec, recouvrons nos fenêtres avec, nous habillons avec, nous protégeons avec… Comme une seconde peau pour nos corps, nous sommes en constante relation avec le tissu. Cette matérialité permet ainsi à l’artiste de lier l’espace domestique, l’intimité et le corps.


Je suis de silences, Isabelle Lauzon

Désormais, je sais ce qu’est la folie, le retrait, le refus, le départ ailleurs.  Je me sens devenir fou.  Je commence à comprendre que la mort et la folie ne sont peut-être qu’une seule et même chose; je n’en peux plus.  Ah! tuez-moi au plus tôt et qu’on en finisse enfin.  Je suis mort et je vis — l’horreur absolue.  Ce n’est pas tant la mort en soi.  C’est la mort qui surgit de nulle part dans l’humiliation et l’opprobre.  Ce n’est pas la mort tout court, c’est la mort qui s’accompagne d’un jugement injuste et de la condamnation sans appel.  C’est la mort qui survient dans les cris de vengeance.  C’est la pire des morts, c’est la mienne. 

 

Laurent-Michel Vacher

Une petite fin du monde

Carnet devant la mort

Liber, Montréal, 2005

Page 43

 

La voix qui se fait entendre ici est silencieuse.  Mais elle tient ensemble, elle fait coexister tous les éléments du poème dans un seul et même souffle, qui de son rythme répétitif en seconde le cours.

Claude Le Bigot

 

Le silence est fait de paroles que l’on n’a pas dites.

Marguerite Yourcenar


Restes, Matthieu Sabourin

Restes est un corpus d’œuvres jouant sur une thématique récurrente dans la pratique de l’artiste : la nourriture. Celle-ci rappelle le type de précision et de calcul typiques à d’autres domaines tels que les sciences et les mathématiques, tout en restant solidement ancrée dans les traditions et méthodologies propres à la sculpture.

Les produits comestibles, ici utilisés à la fois comme sujets et matériaux de création, ainsi que les objets relatifs à l’alimentation, occupent une place centrale dans notre quotidien. Consciemment ou non, ils influencent nos goûts et nos humeurs, sans oublier notre santé et notre sentiment de bien-être. Par le biais de ces œuvres, Sabourin tente à la fois de bouleverser et de renouveler notre perception afin de ramener un regard attentif à ces substances qui, si abondantes et profondément enracinées dans nos vies, sont souvent reléguées au rang de l’ordinaire et du banal.

 

En se servant de substances consommables ordinaires comme fondement principal de recherche, Sabourin est en mesure d’accéder à un espace social partagé – un lieu où réactions psychologiques et physiques profondes peuvent être évoquées. Nourriture et boissons; contenants et emballages; listes d’ingrédients et recettes : ceux-ci peuvent provoquer des effets forts divers, voire opposés, ouvrant ainsi la porte à une large gamme d’interprétations et de dialogues.

L’origine de ces œuvres remonte généralement à des questions spontanées, peu pratiques, voire même un brin naïves. Par exemple : combien de pommes de terre y a-t-il dans un sac de croustilles? Quelle est la quantité de matière solide dans une bouteille de vin? Le corps humain repensé dans la logique d’une liste des ingrédients… de quoi est-ce que ça aurait l’air? C’est donc avec un mélange de ludisme et de rigueur que l’artiste tente de fournir des réponses simultanément exactes et créatives à ces problèmes insolites.


Lorsque tu ne me regardes pas j’existe encore, Jessica Renaud

Qu’il soit interne ou externe, l’atelier demeure un lieu intime de pratique et de réflexion (dans les deux sens du terme), un espace par lequel le travail de l’esprit rencontre, par frottement et répétition, celui du corps. 

– Sylvie Cotton

 

Le regard donne vie, ignore, foudroie, désire. Désirer c’est apparaître avec le risque de ne pas être vu, accueilli ou aimé. Être désiré, c’est parfois disparaître sous le regard de l’autre. Ça procure satisfaction, mais non substance. Lorsque tu ne me regardes pas j’existe encore se penche sur cette circulation entre son propre désir et la projection du désir de l’autre. Entre la notion d’apparaître et de disparaître. Entre soi et l’autre.

 

À l’instar de la quête de soi qui est en constante évolution, l’exposition prend la forme d’un atelier. Atelier intérieur où s’imprègnent perceptions, empreintes, affects du monde et atelier extérieur où l’artiste fabrique, réfléchit, vit. Par un travail en continu et l’intervention du public, l’exposition se transforme au fil des semaines. L’art comme lieu de transformation. 



Exposition extérieure sur panneaux

Poétique du flétriNadia Loria Legris
mi-juin 2024 à la mi-juin 2025

Engagée dans les luttes environnementales et sociales depuis l’adolescence, Nadia Loria Legris choisit l’art interdisciplinaire pour interroger notre rapport au vivant (art, écologie, social). Ses explorations portent principalement sur la matière végétale mal aimée, perdue, jetée que nous engendrons dans la sphère domestique. Par ses œuvres, elle explore la finitude de nos ressources, la fragilité du vivant et la possibilité de recréer un lien avec celui-ci. Les notions de temps, de décroissance, d’inclusion et d’hybridité traversent son processus créatif.

 

Pelures, végétaux non consommables, compost, mauvaises herbes, cette matière perdue, l’artiste la détourne pour mieux la regarder changer et pour la photographier en tant qu’artefact. Mais aussi, elle la cultive, dissèque, morcelle, épluche, fait bouillir, déshydrate pour en observer le potentiel plastique et pigmentaire. Le résultat de ce processus donne naissance à des œuvres et à des interventions faisant référence à la sphère de l’intime, autant qu’à celle du politique. Ainsi, Nadia Loria Legris intervient dans l’espace public par le biais de l’art infiltrant, par des dispositifs relationnels, des installations in situ et des expositions plus formelles.


Entourés comme nous le sommes de matières inertes et préfabriquées, il nous arrive, sans même nous en rendre compte, de créer une mise à distance émotionnelle à l’égard du vivant, comme si sa présence dans nos vies était accessoire. Cette série de natures mortes se veut une reconnaissance de la nature comme un acteur essentiel du monde et de son équilibre. Par la photographie (et un traitement numérique léger), Nadia Loria Legris met l’accent sur cette matière domestique végétale perdue, celle que nous regardons rarement, que nous jetons rapidement et qui pourtant possède tant de qualités artistiques : couleur, mouvement, texture…

Ces photographies mettent de l’avant la matérialité végétale et ses variantes dans le temps. L’ajout de couleurs saturées en trame de fond devient une occasion de réenchanter les rejets domestiques et ainsi créer un lien dynamique entre ceux-ci et l’observateur. Cette série d’œuvres appelle à retrouver cette part de mystère et de sauvage qui veille dans nos pelures, rognures, aliments perdus et à imaginer une sorte de poétique du flétri qui laisse le vivant s’exprimer dans toutes ses fibres et dans tous ses états.


Merci à la Ville de Sherbrooke pour son soutien dans la réalisation de cette exposition!



À VENIR



Les Jardins Réinventés – 15e édition – fibres-moi l’espace

7 juillet au 1er septembre 2024

VERNISSAGE // dimanche 7 juillet 2024


L’été 2024 se concentre à encourager les productions artistiques qui se déploient dans l’espace et qui contiennent au moins un type de fibre. Il peut s’agir de fibre textile, de fibre alimentaire, de fibre végétale, de fibre optique ou même de fibre de l’être.

Pour souligner sa 15e édition des Jardins Réinventées, ce sont 10 artistes professionnels, émergents et groupes scolaires qui répartiront leurs œuvres à travers le Parc de la Rive.

Le tissu du vivant, Guylaine Chevarie-Lessard

Cette œuvre a été inspirée par les couleurs des Cantons de l’Est et du site à l’abord de la rivière Saint-François. Grâce à la translucidité de la fibre, le paysage transparait à travers l’œuvre, celle-ci devenant cette fine membrane qui n’est plus uniquement du côté du pictural ou de la nature, mais quelque part entre les deux. Elle se modifie avec les changements de climat, le vent par exemple et les variations de lumière. Elle se voudrait une manière d’interroger notre rapport au paysage et aux vivants en général. Les textes intégrés à l’œuvre sont librement inspirés de la poétesse Louise Warren et du philosophe Baptiste Morizot.


Un jardin portatif, Margrethe Ulvik

Comme une poupée russe, son petit jardin sera installé dans le jardin de la Maison des arts et de la culture de Brompton. se veut être un lieu intime qui donne accès à nos rêves. Il est fait de laine brut du mouton qui a été tissé sur une structure en bois. La structure en bois est semblable au « hesje », c’est-à-dire les structures traditionnelles installée durant le temps estivale pour sécher le foin en Norvège.

Les paysages rurale de l’enfance de l’artiste ont été marqué par ces installation du foin. Cette dernière a pour but de faire participer les spectateurs qui passeront dans le Parc de la Rive. Un document sera mis à disposition pour que le public puisse indiquer leur nom et le nombre de temps passé à travailler sur l’installation.


Connexe Ions, Ida Rivard 

Imaginons la nature reprendre ses minéraux à même nos particules délaissées, quelque part à l’Anthropothanatocène [néologisme du grec anthropo (homme) et thanatos (mort)]. Les arbres, ayant repris leurs droits en se fusionnant à nos rebuts filaires laissés derrière nous, dotés d’une résilience inespérée, plus que de permettre une biodégradation de nos déchets électroniques, s’en servent pour améliorer leur interconnectivité. Leur capacité à capter l’électricité dans l’air pour créer davantage d’ions négatifs s’en trouve décuplée! Leur fibre communautaire avérée se déploie, en interconnexion constante, pour une biodiversité renouvelée. Les informations partagées ruissellent sur l’ensemble du vivant, une nouvelle ère s’agite!

Ce « tissage numérique », créé de façon artisanale et en partie sur métier à tisser, propose une rencontre entre un passé et un possible. Un jeu d’écho qui fait hommage à la symbiose entre racines et champignons dans les sous-sols forestiers, la mycorhize. Inspirées de ce phénomène, les Connexes Ions aériennes et ligneuses se font salvatrices en stimulant les espèces. Une invitation à jouer et à honorer notre
vitalité.


Parcours et Pluralité, Yolanda Weeks

En tant que voyageuse passionnée et artiste, Yolanda Weeks voit le monde à travers les petits éléments qui composent un espace donné. Elle trouve des fibres partout où elle va. Depuis des mois, l’artiste rassemble des matériaux issus de ses voyages de cette année, mettant des fibres tout doucement dans ses poches, sachant qu’un jour, elles se rassembleront toutes et prendront un sens dans leur ensemble. Elle a récemment acheté un morceau de toile de jute sur lequel elle a commencé à feutrer des fibres à l’aiguille.


Territoires géoaffectifs, Simon Gauthier-Brulotte

Le parc de la Rive est un lieu chargé d’histoires. Il y a les histoires des peuples qui ont foulé son sol, qu’on parle des Premières Nations qui traversaient la rivière et s’arrêtaient à Pihmilosek (Là où les chutes tourbillonnent) ou encore du peuple qui y fonda un village nommé Brompton Falls, plus tard renommé Bromptonville. Et il y a les histoires intimes, ces milliers de petits récits singuliers qui s’éteignent avec le dernier souffle. La tienne et la mienne qui s’écrivent encore à ce jour.

Son objectif avec ́ est de rendre sensible la dimension affective imprégnée dans le paysage. Un espace dans lequel se cristallise une constellation de souvenirs et d’affects, que je tente de matérialiser à l’intérieur de l’installation. C’est donc une fenêtre que l’artiste vous ouvre sur la rencontre entre ce parc et lui.


Construis-moi un safe space, Ponk 

Le textile a ce potentiel d’accessibilité et de versatilité. Davantage que des objets, les œuvres textiles peuvent être sculptures (fixes ou en mouvement) jusqu’à être des habits qui offrent un autre rapport au corps, comme une carapace ou une parure. Mon souvenir d’enfance le plus clair est celui des « cabanes de couvertes ». Refuges construits avec des chaises recouvertes de tissus. Iel se souvient encore cette sensation de protection ressentie dans ces endroits pourtant si précaires. C’est en prenant l’inspiration dans ce souvenir qu’iel aborde le thème de cette année Fibres-moi l’espace avec l’idée de recréer ces « cabanes »

Cherchant à conserver la nature simple et éphémère de l’inspiration, un grand morceau de tissu sera accroché sur la clôture séparant le terrain de la MACB avec la voie ferrée. Afin de transformer ce textile en abri, il sera cousu à la clôture à une extrémité et fixé au sol avec des piquets (telle une tente) à l’autre, l’assemblage formant ainsi un simple triangle où l’on peut se glisser. Sur le tissu comme tel, un mélange de techniques analogues telles la linogravure et la broderie investiront l’espace.  Au centre de l’œuvre un cours poème sera présent. Au courant de l’été l’œuvre se métamorphosera au contact des éléments, tels nos souvenirs.

Impossible aussi de ne pas voir la ressemblance avec ces abris de fortune érigés par des gens en situation d’itinérance. Cette construction éphémère, placée dans l’espace public, (pouvant être expérimenté à divers niveaux), interroge le spectateur sur sa propre vulnérabilité, son rapport à l’autre et sa capacité d’émerveillement (jadis possible par l’entremise de simples pans de tissu imposteurs dans l’espace). Le poème se voulant un clin d’œil à la nostalgie de l’enfance et à l’importance du vécu dans notre perception du monde.


L’enchanteresse nature-elle, Marie-Eve Cloutier

Dans le cœur de la forêt, entre les arbres majestueux qui s’inclinent en un hommage silencieux, se dresse une sculpture humanoïde, une incarnation vivante de l’enchantement de la nature. Elle se dresse là, immuable et imposante, une déesse vêtue d’une jupe de branches entrelacées, comme si les doigts de la forêt l’avaient tissée en l’honneur de sa beauté. 

Ses bras sont ouverts sur le monde, accueillant avec tendresse, les visiteurs qui osent s’approcher. Elle incarne l’Enchanteresse, gardienne des mystères de la forêt, éveillant l’esprit des voyageurs à la splendeur cachée de l’écosystème. Elle est l’essence même de la vie, effleurant les fibres invisibles qui unissent toute chose dans un éternel équilibre.

Ses yeux, semblables à des joyaux, reflètent la sagesse millénaire des arbres, et dans son sourire, on peut voir la lumière du soleil dansant à travers les feuilles. Elle est l’écho de la terre, le murmure des rivières et le chant des oiseaux, fusionnés en une seule forme sublime et majestueuse.

Elle a la fibre maternelle tissée dans son être, comme si chaque cellule de sa structure était imprégnée de l’amour inconditionnel de la nature. Autour d’elle, les fleurs s’épanouissent avec une grâce féerique, les animaux viennent se reposer à ses pieds, et les arbres se penchent pour l’admirer avec respect.

Elle est l’Enchanteresse de la forêt, celle dont le simple regard peut guérir les âmes blessées et apaiser les esprits tourmentés. Dans son sillage, la vie prospère et la terre chante son éloge, car elle incarne la beauté, la force et la douceur qui résident au cœur même de cette nature.


Tisseurs de mémoire, École secondaire de Bromptonville

L’installation « Tisseurs de Mémoire » invite les visiteurs à explorer et à interagir avec l’espace artistique d’une manière immersive et tactile. Cette installation captivante célèbre le soixante-dixième anniversaire de l’École secondaire de Bromptonville à travers une expérience sensorielle unique. Au centre de l’installation se trouvera un panneau suspendu sur lequel une série de tubes sera astucieusement disposée. Dans chacun de ces tubes, une corde traversera l’intérieur. À une extrémité de chaque corde se trouvera une rondelle de résine contenant une photo emblématique représentant un moment significatif de l’histoire de l’école secondaire de Bromptonville. Ces images évoqueront les
souvenirs et les réalisations qui ont marqué les soixante-dix années d’existence de l’établissement.

« Tisseurs de Mémoire » incarne le talent et la créativité des jeunes artistes de 14 ans qui ont collaboré à sa réalisation. Leur travail méticuleux transformera l’espace extérieur de la MACB en un lieu de rencontre entre l’art et l’histoire locale. En permettant aux visiteurs de participer activement à l’œuvre, l’installation encouragera l’engagement et la réflexion collective, renforçant ainsi les liens entre la communauté et son patrimoine culturel.

 


De fil en nous, La place des jeunes l’Intervalle



PASSÉES



11 février au 12 mai 2024

VERNISSAGE // dimanche 11 février 2024

Sur le seuil, Marie-Soleil Provençal

Sur le seuil est une exposition basée sur des faits préoccupants actuels, incluant la pénurie de logements abordables, le nombre croissant de réfugiés politiques et climatiques ainsi que d’individus sans domicile au Canada. L’intention est de souligner la fragilité de ce qu’on définit comme chez-soi dans un monde de plus en plus précaire.

Campements fantômes 

En août 2021, la police d’Halifax (Nouvelle-Écosse) a procédé au démantèlement de multiples campements de personnes sans-abris à travers la ville. Les forces de l’ordre ont confronté une foule de protestants et arrêté de nombreux individus. Comme d’autres événements similaires au Canada, celui-ci a laissé derrière des cadavres d’abris de fortune. Campements fantômes est composé des poteaux de différentes tentes brisées ou abandonnées et se veut un hommage à ces habitations qui ont été le chez-soi de plusieurs.

Courtepointes d’urgence 

Durant la seconde guerre mondiale, des femmes ont produit des milliers de courtepointes pour la Croix-Rouge canadienne. Ces couvertures ont été envoyées au front et dans les hôpitaux pour offrir du réconfort aux soldats et aux victimes. Courtepointes d’urgence est une série de couvertures thermiques (conçues pour refléter la chaleur corporelle) dont les motifs sont inspirés des courtepointes traditionnelles. Ce projet est un acte de solidarité avec le nombre croissant de personnes qui vivent dans l’incertitude. 

Réalisé à Halifax (Nouvelle-Écosse) en 2023, le premier prototype de la série Courtepointes d’urgence a été offert à l’encan au profit des refuges locaux. Grâce à une subvention du Conseil des arts du Canada, ce projet est présentement en développement afin que davantage d’organismes d’hébergement puissent en bénéficier.


Fuite, Shirin Abbasi

À l’origine, Fuite est un projet dans lequel Shirin Abbasi a métamorphosé son lieu de vie quotidien, une petite chambre aux résidences de l’Université de Sherbrooke, en atelier d’artiste. Sur ses feuilles du cours de francisation, les dessins à l’encre noire représentent son univers chaotique projeté sur le blanc du papier. La documentation vidéographique remémore, quant à elle, son processus de création et sa présence/performance dans ce nouveau lieu créé. 

En couvrant alors l’entièreté des murs du logement et en y performant la vie, Abbasi trouve un moyen de construire son identité et de se mettre en relation avec cette habitation temporaire, ce lieu de passage qui l’accueille et qui est aussi son chez-elle. Expérience immersive à la frontière entre installation, dessin et performance, Fuite tisse des liens entre son identité et le lieu-même. 

Le projet a été sélectionné parmi la cohorte 2023 des finissant.es du Certificat en arts visuels de l’Université de Sherbrooke. L’artiste vous propose ici une deuxième itération de son projet. 


Répit, Gabrielle Gagné

Répit prend la forme de deux refuges de taille humaine faits de papier, dans lesquels les gens pourront entrer, s’asseoir et s’adonner à la contemplation. Le premier refuge, à l’apparence délicate et principalement constitué de papiers de lin cousus ensemble, offre un espace de repos réconfortant et enveloppant. Le second refuge, quant à lui, met de l’avant la précarité et le besoin fondamental de répit. Il est créé à partir de fibres de plantes invasives et de compost maraîcher, deux témoins du passage des humains dans le paysage urbain sherbrookois. Les plantes invasives, telles que les phragmites, reflètent des actions et des décisions qui ont été prises par l’humain sans considération des répercussions dans le temps. Elles ont été plantées pour enjoliver le paysage. Maintenant hors de contrôle, elles le dominent et le caractérisent.

En utilisant des fibres naturelles, Gabrielle Gagné tisse des récits poétiques qui ouvrent le dialogue sur la relation émotionnelle entre notre environnement et nous-mêmes. Répit prend place dans un contexte sociétal de la crise du logement, à une époque où avoir un toit est devenu un privilège. Pour plusieurs personnes ayant perdu leur domicile, il est maintenant impossible d’en trouver un nouveau. D’autres doivent rester dans une habitation qui ne leur convient plus parce que les possibilités de se reloger sont devenues minces ou inabordables. Or, avoir un toit est un besoin de base pour l’être humain. À travers des espaces immersifs, Gabrielle Gagné soulève la nécessité d’avoir un toit pour parvenir au répit.



7 novembre 2023 au 28 janvier 2024

VERNISSAGE // jeudi 23 novembre 2023

Exposition collective des membres: Le dedans du dehors

Le poète René Lapierre a écrit :
Silencieusement
nous nous aventurons
au-dehors. 

Silencieusement nous nous enfonçons
par le dedans; de part et d’autre les limites
se défont. 

Si on laissait couler les autres à l’intérieur de nos frontières, au-delà de l’horizon qu’on leur offre, sinon. Par gêne, politesse, retenue. Si la démarcation entre ce qu’on dévoile au monde et ce qu’on protège de l’intérieur disparaissait. Si chaque rencontre devenait un tête-à-tête sans séparation. Si on décidait de marcher sans façade, de s’asseoir sans peur. Sachant que nos beautés seront préservées, nos remords réhabilités, nos faiblesses embrassées, nos échecs embellis par la lumière de l’aube. Espérant que nos douleurs, une fois regroupées, s’estompent. Si, silencieusement, on devenait des humains sans frontière ni contour quel en serait le prix? Que recevrions-nous, en cadeau, en échange ?

Commissaire : Mélanie Noël



AK7 / Jacques AUDET / Brigitte BAILLARGEON / Luc BEAUDOIN / Madeleine BOUSQUET / Geneviève BUREAU / Édith CAMBRINI / Claude DESJARDINS / Céline DIONNE / Vincent DUBOST / Geneviève DUPONTD / Nathalie DUPONT / Yolande FORTIER / Réal GAGNON / Simon GAUTHIER-BRULOTTE / Céline GENDRON / Rollande GOUDREAULT / Virginie HENTZIENNE / François LAFRANCE / Liliane LAFRANCE / Caroline LAPLANTE / Isabelle LAUZON / Yvan LESSARD / Jarek LETOWSKI / Denise LIEUTENANT / Christine MARCHAND / Guy-Anne MASSICOTTE / Sylvie MICHAUD / Nicole Marie MORENCY / Rita-Marie NOËLLIE MESSIER / Julie NORMAND / Ernst PERDRIEL / PIER-ANN / Étienne PLANTE / PONK / Suzanne POULIOT / Nicole PROTEAU / Elizabeth PROTEAU-PARADIS / Jessica RENAUD / Anne-Marie ROBERT / Steve SAINT-PIERRE / Imane SALAMY / Marielle SAVARIA MARTIN / Sylvie SCHUELER / TÉGÉE / Rachel THERRIEN / Sandra TREMBLAY / Julie VANASSE



29 janvier au 19 mars 2023

VERNISSAGE // 29 janvier 2023, 14h

La cour des ossements, André Lemire

La cour des ossements, le boneyard, est un lieu d’entreposage de ce qui ne sert plus, pour un instant ou pour toujours.  C’est l’endroit, dans le milieu du spectacle extérieur, de l’événementiel ou du cirque, où les éléments scénographiques et le matériel technique se retrouvent en transition, en attente d’être assemblés ou transportés. C’est un endroit en perpétuelle transformation, à la géographie changeante, où rien n’est voué à être définitif. C’est là où sont rangées les boîtes vidées de leur contenu, les décors brisés en vue d’une éventuelle réparation qui ne vient parfois jamais. C’est là où l’on dépose tout ce qui n’a pas encore trouvé sa place.  C’est ainsi que chaque spectacle a son boneyard caché quelque part derrière le chapiteau.  

Depuis  les années soixante, les visiteurs des différents parcs d’attraction de Disney peuvent faire l’expérience du Hall of Presidents, une attraction toute américaine mettant en scènes des répliques mécanisées, des animatroniques, de présidents marquants de l’histoire américaine. D’Abraham Lincoln à Donald Trump, ceux-ci prononcent des discours, se lèvent et s’assoient, et créent une illusion de vie qui se veut la plus convaincante possible. L’émerveillement est ainsi mis au service d’un idéal de patriotisme, de force. Mais à quoi ressemblerait une attraction qui, plutôt que la force et la grandeur, chercherait à exprimer la fragilité de l’expérience humaine? À quoi ressemblerait une pareille attraction tombée en désuétude, un boneyard d’animatroniques délaissées? 

C’est ce que tente d’explorer La cour des ossements, qui met en scène l’échec et l’anti-performance, à l’image d’un monde chaotique et complexe dans lequel l’imperfection, la dysfonction et l’erreur jouent un rôle essentiel. D’une présentation à l’autre, les éléments constitutifs de l’installation s’usent, se brisent, se réparent ou se combinent, se recyclent sous une autre forme, dans un processus additif où rien ne se perd, suggérant une forme de vie à mi-chemin entre l’automate, le végétal et le mycélium qui semble coloniser de plus en plus l’espace d’exposition comme la jungle sur les ruines d’une cité perdue.  Les objets cherchent ici à prendre vie, à respirer même parfois, sans toutefois y arriver complètement. L’imperfection du créateur s’est manifestée dans l’imperfection de la créature. Le travail n’a pas été complété. Et pourtant, un semblant de vie se manifeste…


Bruit blanc, Patricia Gauvin et Claude Majeau

La présente exposition de Patricia Gauvin et de Claude Majeau explore les obstacles à nos aspirations et le difficile passage au « faire ». Tel un journal personnel, Bruit blanc est façonné de papier, de son et de lumières qui témoigne des différents moments de la création. Séduisantes et rassurantes, des clôtures s’érigent comme des remparts à la démesure de l’imagination. Le bruit blanc évolue en torture silencieuse qui nourrit l’indifférence et nous prive de notre sens créateur. On se love dans ce non-lieu désengageant. Cette installation attire l’attention sur le côté dérisoire des barrières. Les obstacles deviennent l’espace d’un instant franchissables. Le projet invite à voir les difficultés avec ironie. Tel un dispositif qui impose au spectateur un trajet multisensoriel. Il s’agit de partager les limites avec l’étendue des émotions que la création fait vivre. 

Patricia Gauvin et Claude Majeau ont entrepris une réflexion sur le processus de création et les déterminants sur ce qui les mène à abandonner un projet où s’engager jusqu’à son aboutissement. Ayant toutes deux une pratique collaborative, les allers-retours entre création, échange avec la communauté et temps d’arrêt sont au cœur de ce type de pratique. La métaphore de la clôture se prête à la distorsion, au détournement et à sa transformation des limites en défis.


Corps tarissable, Véronique Hamel

Engagée dans une démarche expérientielle basée sur l’impermanence et la répétition, Véronique Hamel s’interroge sur la relation entre le corps et l’esprit. Les troubles psychosomatiques qui obscurcissent son quotidien l’amènent à explorer l’étendue des effets de l’endurance et de la résilience. 

Corps tarissable témoigne de ce processus intuitif où le froid sert de référent sensoriel. Son corps lui étant devenu étranger, l’artiste mène une quête de réappropriation. À travers des œuvres performatives, installatives et des dessins instinctifs, Véronique Hamel recrée, de manière métaphorique, sa réalité parfois débilitante. 

Un corps qui s’adapte au froid pour éviter les engelures et l’hypothermie. Ce même corps qui s’est conditionné à envoyer, de façon soutenue, des signaux de douleur même en absence de dommage corporel. Une adaptation de protection dans les deux cas. L’une bénéfique, l’autre incapacitante. 

Cette dualité met en évidence le côté pervers de la résilience. Ces observations soulèvent des questions par rapport à cette aptitude admirée dans une société centrée sur la productivité. Le côté honorable de la persévérance nous fait-il oublier de questionner la légitimité ou la pertinence de nos ambitions? Comment repérer ce point de bascule où la persévérance forme des œillères qui relaient les atteintes psychiques à l’angle mort?



2 avril au 28 mai 2023

VERNISSAGE: 2 AVRIL, 14h

Écrans et enveloppements, Johanne Bilodeau

Cette nouvelle installation, Le jardin-atelier, s’inscrit dans la pratique de Johanne Bilodeau comme la continuité narrative de La chambre-atelier, installation exposée au Musée des beaux-arts de Sherbrooke en 2022. Ces récents projets visuels tirent leur origine d’une recherche autour de l’idée de l’écran-enveloppement.

Dans Le jardin-atelier, l’artiste se penche sur l’élaboration de motifs graphiques inspirés de son environnement naturel et domestique. Puis, elle s’amuse à mettre en relation ces différents symboles par des jeux de juxtapositions et de répétitions. Un langage singulier voit alors le jour, fait de suites, de mots imagés, de phrases insolites, de textes visuels, de pages vibrantes, d’écrans.

Pour l’artiste, les écrans sont des surfaces planes ou des bas-reliefs sur lesquels l’œil voyage et dans lesquels le regard se perd. Un premier enveloppement est généré par la relation entre l’œuvre installative et le regardant. L’expérience se situe principalement dans la superposition des écrans et le corps du visiteur.

Dans Le jardin-atelier, Bilodeau choisit de revisiter la structure en demi-sphère (dessinée en 2002 et présentée pour la première fois en 2017 sous le titre de La maison-robe) en l’abordant, cette fois, comme une capsule. Par un jeu d’écrans souples composés de divers matériaux textiles, l’artiste s’amuse à recouvrir et à codifier les parois du refuge. Ce faisant, elle crée un second enveloppement et donne forme à un nid d’introspection. Cet espace propice à la création, l’artiste souhaite l’introduire comme une parenthèse bienveillante, une cellule évoluant en retrait du chaos environnemental actuel.


Tant que je pourrai noircir, Marie-Claude Robillard

Tant que je pourrai noircir est une réflexion approfondie sur le processus de la pensée. En écrivant de façon inlassable des réflexions de nature sociologique sur ses tableaux, l’artiste explore l’hypothèse selon laquelle le processus de la pensée est en mutation continuelle. Par cette action, elle tente de ralentir la succession et l’enchaînement des idées afin de mieux comprendre et questionner ce mécanisme psychologique immuable et complexe.

Dans cette série de Robillard, l’accumulation d’écrits est mise de l’avant et constitue le point d’ancrage de son œuvre. Contrairement à la majorité de son corpus où il y a retrait et altération de la surface, les tableaux proposés ici sont réalisés uniquement par addition d’écriture. D’une œuvre à l’autre, la variation de la densité de la rédaction de même que les différentes nuances de blancs et de noirs créent un rythme au travers des compositions qui illustrent elles-mêmes différents instants ou sensations provoqués par nos réflexions. En employant la peinture encaustique, un procédé ancestral à base de cire d’abeille, Robillard crée des tableaux sur bois et des monotypes sur papier. Ce médium permet la réalisation d’un palimpseste en multipliant les couches de cire et de texte.

Cette superposition d’écrits, qui ne pourra jamais être lue, fait opposition au surplus d’information qui nous entoure de même qu’à la divulgation abusive de soi devenue possible par les différents réseaux sociaux. Mais encore, elle réfère également au silence; un concept central à la pratique de l’artiste. Robillard tente ainsi de faire voir l’inaudible en faisant taire tous les codes du langage, en brouillant les signes pour transformer l’écrit en œuvre à la mémoire de l’invisible.


La genèse d’un cercle, Louise Marois

La présente exposition propose deux volets distincts de dessins au graphite sur papier, un sur les champignons et un second sur divers végétaux. Ce travail en est un sur l’évolution d’un fruit comme celui d’une plante aborigène, du manteau d’un insecte comme le rond imparfait d’une cellule. En parfaite harmonie avec le mouvement de la main, de l’œil et du temps qui s’organise, ici, tout ce qui sépare ou rapproche de l’autre est issu du vivant ou du mort, de ce qui évolue ou de ce qui est révolu.

Présentées dans une suite chronologique, les œuvres apparaissent comme des hublots, astéroïdes, cellules, cadrans or, il s’agit en vérité de fruits, de noyaux, de pédoncules et d’écorce, d’écailles ou encore de fibres tous surchauffés par le procédé du feu puis, dessinés. Ces sujets de forme exclusivement circulaire suggèrent l’évolution ou à l’inverse, la décomposition, mais surtout, l’inexorable cycle dans lequel nous nous sommes invité.e.s.

La préoccupation écologique est au centre de ce projet, l’artiste nous invite à nous interroger sur ce qui nous attend dans un futur rapproché.



18 juin au 3 septembre 2023

VERNISSAGE 18 JUIN, 14h

Jardins réinventés de la Saint-François | Expositions intérieures:


Zombie capitalisme, Oli Sorenson

Zombie capitalisme se veut une continuation des projets Anthropocène (2021) et Capitalocène (2022), où Oli Sorenson explore encore plus profondément les impacts de l’humain sur l’écologie de la Terre.

Déployé sur une multitude de moyens expressifs tels impressions, collages, peintures et sculptures, Zombie capitalisme propose de saturer l’espace d’exposition avec un accrochage in-situ d’images conçues sur ordinateur, aux formes géométriques simples et aux couleurs extrêmement lumineuses. Toujours sous l’approche du remix, l’artiste s’inspire de nouveau de l’iconographie Néo-conceptuelle de Peter Halley, de la mise en page carré d’Instagram et du traitement pixélisé de Minecraft pour aborder une thématique plus anxieuse et sombre que ces sources échantillonnées.

Tandis que la production récente de Sorenson évoquait une ère géologique définie par les activités industrielles (interconnexion informatique, agriculture intensive et d’extraction de ressources non-renouvelables…), Zombie capitalisme puise dans les écrits du géographe Manouk Borzakian (Géographie zombie, 2019) pour associer l’économie mondiale avec cette figure morte-vivante, dépourvue de volonté autonome, obéissant aveuglément aux règles marchandes et plaçant le profit avant le bien-être des populations.

Dans son ensemble, le nouveau corpus de Zombie capitalisme évoque les conditions planétaires à venir, qui nous obligeront, à la manière d’une apocalypse zombie, à ré-imaginer de nouvelles stratégies pour survivre dans un monde plus hostile envers notre civilisation. Parmi les artéfacts de ces activités humaines, dévoilant l’intensité des chaînes d’approvisionnement mondiales, leur processus d’extraction minière, de consommation de masse et d’enfouissement des déchets, Sorenson étale les emblèmes des crises déclenchées par ces infrastructures capitalistes, notamment les pandémies, guerres, inondations, tempêtes, feux de forêt et ainsi de suite.


Appar.aître / Appar.être, Amélie Lemay-Choquette

Consciente que l’identité individuelle et collective est au cœur de réflexions sociétales depuis toujours, Amélie Lemay-Choquette s’intéresse à la personnification, à l’identité et au processus nécessaire pour arriver à se connaître et oser apparaître à l’autre de manière authentique et assumée. Son propos visuel aborde la notion d’identité et trace concrètement la complexité associée à cette quête quotidienne. Comment définit-on une personne, une chose? Est-ce par le nom qu’elle porte, par sa forme, par son énergie, ou encore par ce qu’elle dégage au-delà de son apparence? Quelles sont les caractéristiques qui définissent la spécificité de chacun?

D’abord influencé par le contexte de son époque, le projet d’exposition propose une projection singulière (consciente ou inconsciente) de soi en relation avec l’autre. Réalisées avec différents médiums sur des supports variés tels le verre et l’acétate puis présentées via des dispositifs de nature à transformer l’image, pensons ici aux éclairages et la projection d’images, les réalisations de l’artiste la confrontent et la lient à l’autre par la matière. Tous ces « autres » portent des prénoms androgynes qui titrent les œuvres de ce corpus.

Appar.aître / Appar.être c’est la capacité de se voir, d’être vu et oser être à part… pour être… ni plus, ni moins, ce que l’on est vraiment, c’est-à-dire un être unique et singulier.


Attentions, Jeanne Caron

Au cœur de l’installation Attentions réside la cohabitation de l’immobilité et du mouvement, de l’harmonie et du chaos, de la paix et du danger. Jeanne Caron propose de prendre un moment pour contempler les extrêmes qui nous habitent, pour sauter d’un bout à l’autre du spectre. L’observateur est invité à plonger dans un univers tourmenté et magnifique, celui de l’humain.

Dans sa démarche, Jeanne Caron explore les questions s’axant autour de l’intimité émotionnelle, cet aspect des relations interpersonnelles qui varie en intensité selon les relations, le moment, et qui implique la perception de la proximité d’un autre tant au niveau de la compréhension, de l’affirmation et de la démonstration de la bienveillance.

Jeanne Caron utilise ici la narration et les codes tirés de la culture populaire afin d’accueillir plus aisément l’autre dans sa proposition. Selon elle, l’art est un outil de communication intuitif par lequel nous nous associons et nous nous reconnaissons. C’est par ce langage universel que nous trouvons enfin notre compte.

Jeanne Caron a été sélectionnée parmi la cohorte 2022 des finissant.es du Certificat en arts visuels de l’Université de Sherbrooke.


Lire entre les lignes, Valérie Maltais

La pratique artistique de Valérie Maltais s’inspire de l’expérimentation et de l’exploration des propriétés de la matière. Dans Lire entre les lignes, l’artiste offre une nouvelle matérialité aux livres. Les pages provenant d’ouvrages recyclés ont été tissées, transformant le papier en matière textile.

Chacun des livres se trouve suspendu dans l’espace, les pages enroulées sur elles-mêmes et reliées entre elles avec un fil de coton, rappelant la reliure traditionnelle. Le tissage du papier, inspiré de l’art textile et des métiers d’art, permet de remanier l’apparence et le propos des livres. Le spectateur est amené à circuler dans l’installation pour prendre le temps d’observer et de découvrir des mots de façon aléatoire et ainsi de composer une nouvelle histoire qui lui est propre.

Valérie Maltais a été sélectionnée parmi la cohorte 2023 des finissantes du Certificat en arts visuels de l’Université de Sherbrooke.


Merci à nos précieux partenaires!

Pour en savoir plus sur le volet extérieur des expositions estivales, rendez vous sur la page des Jardins réinventés de la Saint-François >>



17 septembre au 5 novembre 2023

Mers d’argent, Francis Macchiagodena

Mers d’argent est un travail photographique en cours qui fait appel au révélateur photographique comme sujet principal. Cette démarche modifie la dynamique du processus photographique en isolant le matériau utilisé pour produire une photographie tirée, et en attirant l’attention du spectateur sur sa nature physique. Lorsqu’on laisse le révélateur liquide s’oxyder, sans intervention du papier ou de la manipulation photographique, il sèche et prend une forme cristalline. Ces formes sont sporadiques et imprévisibles, ce qui constitue la base de l’élément expérimental de Mers d’argent.

À ce stade délicat de la transformation, les objets sont transportés dans un laboratoire photographique où les œuvres sont numérisées à l’aide d’un numériseur à plat haute résolution. Cette opération enregistre leur transformation et crée ce que l’on peut appeler un négatif numérique : un document. Les images qui en résultent sont des fictions. Ce sont des formes de territoires qui n’ont jamais existé, mais qui nous sont familiers : cartes topographiques, paysages texturés avec des montagnes colossales et des distances de terre ou de vagues. Les images de Mers d’argent sont des fantaisies, faisant allusion à des vues aériennes inconnues d’espaces familiers mais impossibles. Ces corps éphémères, capturés en stase, sont des espaces mystérieux. Il pourrait s’agir de photographies de sections sombres et isolées de la terre, ou d’images satellites capturant des étendues incommensurables d’une surface planétaire lointaine et étrange.

L’œuvre est un document à l’intersection entre les technologies numériques et analogiques. Ces technologies sont à la base de l’acte photographique en soi. En créant des manifestations des matériaux utilisés, et en les représentant de manière thématique sous forme d’icônes et de structures, Mers d’argent rappelle l’aspect scientifique des débuts de la photographie. En tant qu’enquête sur l’art que l’on peut trouver dans le processus chimique lui-même, il reflète également l’art des phénomènes naturels.


Réflexions / objects in mirror are closer than they appear, Sonia Bolduc et Annick Sauvé

Concentrés sur cette image de nous que l’on veut bien montrer et entretenir autant dans l’espace intime que public, qu’est-ce qui nous échappe? Qu’est-ce qu’on tait, qu’on dissimule, qu’on nie même afin d’offrir la meilleure version de nous-mêmes?

Sauvé propose en photographie d’explorer l’utilisation de miroirs pour montrer l’envers du décor, ce qui se cache dans l’angle mort du petit miroir de côté, ce qui nous échappe lorsqu’on cherche uniquement notre reflet… ou qu’on tente de l’éviter. Bolduc reprend aussi ces miroirs comme objets de dévoilement de l’âme humaine en y déposant textes et poésie sur ce qui nous habite malgré nous et en invitant le spectateur à se lire dans son propre reflet.


Annick Sauvé et Sonia Bolduc forment un couple dans la vie, dans certaines expériences artistiques et dans la tranquillité de leur coin de campagne. Elles ont cependant une vie sociale à la hauteur de leur curiosité et de leur amour de l’humain, s’intéressent aux relations humaines, aux arts, à l’environnement, à la faune urbaine et aux étranges chemins que l’on prend pendant cette trop courte expérience qu’est la vie.

Elles ont pris part ensemble au projet Téléphonexquis avant de proposer de mai à octobre 2022 à la galerie de la Sacristie de Saint-Venant-de-Paquette l’exposition pauses, laquelle habite les murs de L’Espace dialogue du Musée des beaux-arts de Sherbrooke jusqu’en septembre 2023. 

Annick Sauvé a pris part à quelques expositions collectives et en solo, tandis que Sonia Bolduc a partagé ses mots comme chroniqueuse à La Tribune, dans les projets Porte-Voix et Parallèles du Centre d’éducation populaire de l’Estrie, dans la Boîte à poésie de Sherbrooke. Elle publie en octobre son premier recueil, quand tu mourras, chez Hurlantes éditrices.


Les villes superposées et Portraits de lumière II, Laura Criollo-Carrillo

Les villes superposées est une exploration technique et poétique sur la découverte et la compréhension d’un territoire inconnu à travers la captation et la représentation visuelle et sonore de phénomènes imperceptibles aux sens humains. Ce projet prend la forme d’une installation audiovisuelle composée de captations vidéo infrarouges ainsi que de captations sonores comprenant de très basses fréquences, de champs électromagnétiques et de captations sous l’eau réalisées dans les espaces urbains et naturels de la ville de Carrières-sous-Poissy en France.

Cette œuvre propose une réflexion poétique sur les possibilités et les limites de notre perception humaine et comment ces deux aspects, contraires et complémentaires, se présentent comme une opportunité de développer de nouvelles relations conscientes avec l’espace que nous habitons.

Ce projet a été réalisé avec le soutien du Château Éphémère et le Conseil des arts du Canada.


Portraits de lumière II est une installation audiovisuelle qui propose une représentation du tempérament des deux parents de Laura Criollo-Carrillo à travers la combinaison de propriétés de la lumière telles que la couleur, la réflexion et la réfraction. En explorant les multiples possibilités de la lumière sur des matériaux translucides, opaques et réfléchissants, l’artiste crée une gamme variée d’effets lumineux qui évoquent le caractère unique de leur personnalité.

Tout le monde disparaît, mais nous devenons immortels lorsque les autres se souviennent de nous. Se souvenir, c’est transformer la durée des souvenirs et leur permettre de vivre à jamais en nous. Cette œuvre est une exploration de la lumière comme métaphore de notre existence, si puissante et complexe, mais intangible et éphémère, et comment grâce à notre mémoire nous pouvons atteindre notre propre immortalité.


Pour consulter les expositions antérieures à l’année 2023, veuillez vous diriger vers les Archives >>

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