Programmation estivale des expos intérieures

MOSAÏQUES HUMAINES

Pour sa saison estivale 2026, la Maison des arts et de la culture de Brompton (MACB) vous propose différentes expositions, tant intérieures qu’extérieures, autour de la thématique Mosaïques humaines.

La mosaïque est un art ancestral qui traverse les époques et les civilisations, de l’Antiquité aux pratiques contemporaines, sans jamais cesser de se réinventer. Traditionnellement composée d’une multitude de fragments — tesselles de pierre, de verre ou de céramique — assemblés par un liant, elle repose sur une tension constante entre la singularité de chaque élément et la cohérence de l’ensemble. Cette logique d’assemblage s’étend bien au-delà du médium lui-même, inspirant des artistes, des architectes et des artisan·e·s qui explorent ainsi la répétition de motifs, la juxtaposition d’éléments disparates ou encore l’accumulation organisée selon un rythme précis.

Ainsi, on peut extrapoler le concept de mosaïque à la courtepointe, au all-over, au collage, aux constellations d’images; on peut même la comparer à des phénomènes qui sortent du champ des art visuels tels que que les dynamiques sociales, où des éléments hétérogènes coexistent sans se fondre en un tout homogène. La mosaïque devient alors un mode d’organisation fondé sur la pluralité : juxtaposition de cultures, de corps et de récits, dont la cohérence ne réside pas dans l’uniformité, mais dans la relation. À l’image de l’évolution parallèle des mouvements sociaux, chaque fragment conserve sa singularité tout en participant à une structure plus large, en constante reconfiguration. La mosaïque se fait alors métaphore du vivre-ensemble.

DÉRIVES SOMATIQUES

D’Isabelle Tessier

BIOGRAPHIE

Isabelle Tessier est une artiste visuelle qui vit et travaille à Saint-Jérôme, dans les Laurentides. Diplômée du baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal en 2019, elle développe une pratique multidisciplinaire à la croisée de la photographie, de la sérigraphie, du textile, de la sculpture, de l’installation et de la performance.

Son travail a été présenté dans plusieurs expositions collectives, notamment à la Maison des arts de Laval, au Musée d’art contemporain des Laurentides, à Arprim, à la Galerie de l’UQAM et à la Place des Arts. Depuis la fin de ses études, elle a également participé à divers projets de diffusion dans des contextes institutionnels et autogérés, contribuant à inscrire sa pratique dans la scène artistique des Laurentides et de Montréal. Son travail sera présenté à Montréal à compter du mois de novembre au Centre culturel Georges-Vanier.

Isabelle Tessier a réalisé des résidences de création à Zocalo et à l’Atelier de l’île. Son travail a été soutenu par une bourse de production Arprim/École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM, par une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec dans le cadre du Programme de partenariat territorial des Laurentides, ainsi que par une bourse de perfectionnement de Culture Laurentides. 

En parallèle de sa pratique, elle enseigne les arts visuels au cégep de Saint-Jérôme et s’implique activement dans le milieu artistique des Laurentides à titre d’administratrice au Musée d’art contemporain des Laurentides, à l’Atelier de l’île et à Culture Laurentides. 

DÉMARCHE ARTISTIQUE

À travers sa pratique artistique, Isabelle Tessier s’intéresse à la manière dont nos désirs investissent nos corps, nos objets et nos espaces habitables. Ils l’investissent si puissamment qu’ils en viennent par moment à nous détourner du réel. Récemment inspirée par la lecture de l’essai À l’assaut du réel de Gérald Bronner, elle s’intéresse à cette force qui nous porte à vouloir plier le monde à notre mesure, à le rendre plus malléable, plus séduisant, mais surtout plus conforme à nos immodérables envies. Que reste-t-il du réel lorsqu’une culture visuelle, un ordre social et une économie de la consommation s’acharnent à le rendre moins habitable que désirable?

Comme artiste visuelle, c’est par une approche installative, hybridant la photographie, l’estampe, le textile, la sculpture et la performance qu’Isabelle s’applique à faire glisser des fragments corporels dans le champ de l’objet usuel et du mobilier. Grâce au photomontage, elle crée des motifs farfelus mettant en relation les babioles les plus banales avec la figure humaine.  Ces trames reproductibles sont sérigraphiées sur des objets à caractère anthropomorphique, proposant une mise en abîme infinie entre le corps et l’objet usuel. Le corps humain y apparaît alors comme un contaminant qui s’imprime et se moule à la surface des choses.

Son langage visuel emprunte aux codes esthétiques de la sphère domestique dans le but d’interroger le lien affectif que nous entretenons avec les objets industriels qui saturent le quotidien. L’artiste y examine la manière dont le désir, au-delà du seul registre sexuel, s’inscrit dans des logiques d’appropriation, de possession, de confort et de consommation. Les œuvres prennent ainsi des formes joviales, ludiques, séduisantes, dans une proximité délibérée avec les stratégies visuelles marchandes par lesquelles les objets sollicitent l’attention et produisent l’envie. Cette esthétique de surface agit ainsi comme un leurre : par leur séduction visuelle, ses œuvres révèlent une pulsion viscérale où le plaisir de désirer se confond souvent avec le désir de posséder.

Elle explore ainsi ce qu’il y a de fondamentalement érotique dans toute forme de désir, qu’il se fixe sur un corps, une image, un objet ou toute autre promesse de plaisir. En ce sens, le désir n’apparaît pas dans son travail comme une force strictement intime ou personnelle, mais comme une dynamique socialement organisée, alimentée par des régimes d’images, des dispositifs marchands et des normes qui façonnent nos manières d’habiter le monde. Le travail d’Isabelle Tessier jette ainsi un regard cynique sur cette propension à consommer avec excès le corps, comme l’objet.

SE PERCEVOIR

De Marielle Saucier

BIOGRAPHIE

Artiste visuelle et artisane textile établie à Montréal, Marielle Saucier est diplômée en construction textile au Cégep du Vieux Montréal (2022) et est titulaire d’une mineure en psychologie de l’Université de Montréal (2016).

Marielle est active dans les milieux des arts visuels et métiers d’art au Québec et en Ontario.  Son travail a récemment été présenté lors d’expositions individuelles et collectives, de foires d’art contemporain et de salons.  Elle est boursière du CALQ dans le cadre du Programme Arts et lettres de Montréal (2025), lauréate du Prix de la relève Jean-Cartier (2024) et finaliste pour le Prix François-Houdé (2025 et 2024).  Ses œuvres font partie de la collection d’œuvres d’art de la ville de Montréal et de collections privées.

Parallèlement à sa pratique artistique, Marielle enseigne à titre de chargée de cours au Centre des textiles contemporains de Montréal et anime divers ateliers textiles dans la région de Montréal.

DÉMARCHE ARTISTIQUE

Animée par le geste et son potentiel d’expression vulnérable, l’artiste et artisane Marielle Saucier rend visibles des expériences psychiques intimes à travers la matière et sa dimension sensible.  En adoptant une posture autobiographique, elle observe et interprète sa réalité mentale, tant pour en dépeindre des concepts, que pour en emprunter des éléments visuels : l’anatomie cérébrale.  Le plus souvent, son travail prend la forme de tableaux textiles, parfois, de sculptures ou d’installations.

La pratique de Marielle s’inscrit dans une réflexion sur la lenteur et la temporalité, qu’elle aborde par la répétition du geste et le temps long inhérent aux pratiques artisanales.  L’artisane découvre et déploie soigneusement les chorégraphies manuelles propres aux différents savoir-faire textiles.  Elle tisse et elle brode, un fil à la fois, et ornemente, une perle à la fois.  Répétant chaque geste, comme une douce obsession.  Les mouvements de ses mains, lents et répétitifs, deviennent alors des actes de résistance face à une société en constante accélération.  

Cette dualité qui habite l’artiste, entre structure et spontanéité, agit comme un principe formel au sein de sa pratique et oriente ses choix techniques et matériels.  Cette tension se manifeste dans un travail technique soigné — carré —, et dans l’utilisation du mouvement intuitif pour penser la forme — courbe.  Elle se traduit dans l’architecture  méthodique du tissage et la flexibilité des techniques manuelles.  Et d’autres fois, elle se révèle dans la dureté des fils de métal et la souplesse des fibres naturelles.  Dès lors, des éléments abstraits et organiques, souvent improvisés, émergent de constructions ordonnées qui suggèrent des limites ou des cadres.

Par son travail, Marielle propose une expérience sensible ancrée dans la matérialité et le savoir-faire, invitant la personne spectatrice à éveiller sa curiosité, à interroger sa perception du temps et de sa valeur, et la manière dont elle-même négocie l’équilibre entre contrôle et lâcher-prise.

100 000 NOEUDS

De Maude Blondin-Benoit

BIOGRAPHIE

Originaire de Montréal, Maude Blondin-Benoit, alias Tortue Fleurie, est une artiste textile aujourd’hui établie à Sherbrooke. Son parcours est à la fois autodidacte et nourri d’études en musique classique et en arts visuels. L’exploration autour de la composition des couleurs, l’association de textures, le rythme et la répétition d’un geste précis sont au cœur de sa pratique. 

Son intérêt marqué pour l’art écoresponsable et la valorisation de fibres recyclées a émergé alors qu’elle résidait en Nouvelle-Écosse pour son travail. C’est dans les provinces maritimes qu’elle découvre le travail d’artistes textiles contemporains ainsi que la technique ancestrale du tapis hooké sur toile de jute. Cette rencontre l’oriente vers une pratique où elle réunit des techniques textiles artisanales et modernes pour créer des œuvres sensorielles à partir de matières récupérées.

De retour au Québec, elle s’installe à Sherbrooke et s’implique dans la vie culturelle locale, notamment à Lennoxville. En 2025, son installation participative 10 000 Nœuds reçoit le prix « Coup de cœur » de l’Université de Sherbrooke et est sélectionnée par la Maison des arts et de la culture de Brompton. Elle participe également à une résidence de création à la Maison Bleue du domaine Howard (juillet-août 2026), suivie d’une exposition en août organisée par le Comité Arts et Culture Jacques-Cartier.

DÉMARCHE ARTISTIQUE

JARDINS RÉINVENTÉS DE LA SAINT-FRANÇOIS 2026

Programmation

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hORAIRE ESTIVAL

Lundi: fermé
Mardi: fermé
Mercredi: 11h – 16h30
Jeudi: 11h – 16h30
Vendredi: 11h – 16h30
Samedi: 11h – 17h
Dimanche: 11h -17h

Aucun frais d’entrée.