Les expositions du printemps 2026

RÉCITS ENTRELACÉS

D’Anne Bolduc et Claude Sauvageau

BIOGRAPHIE

Anne Bolduc

Après avoir vécu aux quatre coins du Québec (Canada), c’est à Sherbrooke qu’Anne Bolduc a choisi de s’installer et de se consacrer à la création artistique. À peine diplômée en arts visuels à l’Université de Sherbrooke, elle reçoit plusieurs invitations à exposer en solo et en duo dans différents lieux de diffusion de l’Estrie. Son amour pour la nature et le vivant est au centre de sa pratique artistique qui englobe les couleurs végétales, les fibres, les sculptures et les installations sculpturales. Son installation « Le juste milieu », présentée lors de l’exposition collective « La trame de l’invisible » à la Galerie d’art Antoine-Sirois au printemps 2025, a été sélectionnée par la Maison des arts et de la culture de Brompton. Elle s’est également vue décerner le prix « Coup de cœur » de la doyenne de la Faculté des lettres et des sciences humaines.

Claude Sauvageau

Après des études supérieures dans les domaines de l’éducation et des arts, Claude Sauvageau a travaillé pendant de nombreuses années en tant que professionnelle pour diverses institutions culturelles québécoises. Les rencontres avec différents acteurs de ce milieu lui ont permis d’approfondir ses réflexions sur sa propre pratique. À la suite d’une exposition collective au centre d’art Arts Sutton, elle a remporté le prix du jury de l’Expo-concours 2022, lui permettant d’exposer en solo à l’Espace Claire-Léger en 2023. Sa démarche découle de l’exploration de plusieurs disciplines artistiques, notamment la reliure d’art, la sculpture, la gravure et la tapisserie.

DÉMARCHE ARTISTIQUE

Récits entrelacés propose la rencontre de deux démarches artistiques distinctes, qui, bien que singulières dans leurs formes et techniques, se rejoignent autour de préoccupations communes: la mémoire, le geste, la transmission et la matérialité du fil comme vecteur de récit.

À travers des œuvres réalisées par tissage, broderie ou assemblage, les artistes convoquent un langage textile où les fibres deviennent matière narrative. Les textiles racinaires d’Anne Bolduc, dont l’intervention humaine limitée permet la croissance imprévisible des racines, rencontrent les œuvres en métal récupéré de Claude Sauvageau, à la croisée entre broderie, reliure et l’artefact. Ces œuvres sont autant de fragments d’identités et de vestiges, réunis dans un dialogue silencieux entre le fil et la forme.

Chaque pièce accorde une place essentielle à la lumière qui ne se contente pas d’éclairer les pièces, mais en révèle la portée poétique, souligne les détails, prolonge les gestes et guide le regard du visiteur vers des strates de sens parfois invisibles au premier abord. La lumière devient alors un outil de lecture et de contemplation, faisant émerger une multitude de trames en perpétuelle réinvention.

Ce projet souhaite ainsi proposer une expérience immersive et méditative, où l’art textile devient un langage à part entière — porteur d’émotion, de mémoire et de renouvellement.

FIL DE VIE

De Marie-Aube Laniel

BIOGRAPHIE

Originaire de Maniwaki et établie au Centre-du-Québec, Marie-Aube Laniel développe une pratique artistique ancrée dans le territoire, attentive aux cycles du vivant et aux dimensions historiques, sociales et écologiques des matériaux qu’elle mobilise. 

Formée d’abord en joaillerie, puis au deuxième cycle en histoire à l’Université du Québec à Montréal et en développement culturel à l’Université Laval, Marie-Aube Laniel a également complété de nombreux perfectionnements en land art, en vannerie et en pratiques sculpturales liées aux fibres végétales. Cette formation hybride nourrit une démarche à la croisée de la recherche, de la création et de la transmission. 

Son travail a fait l’objet de plusieurs expositions solos et collectives diffusées à travers le Québec, notamment au sein de musées, de centres d’art et de lieux de diffusion professionnelle reconnus. Elle a présenté ses projets dans des contextes institutionnels et spécialisés en art actuel et en art nature, en plus de participer à des résidences d’artistes et à des événements de création devant public. Une importante part de sa pratique est également consacrée à la médiation culturelle, qu’elle conçoit comme un espace de partage des savoirs et de réflexion collective.

En 2024, elle reçoit le prix Début de carrière professionnelle du Conseil de la culture du Centre-du-Québec. En 2025, elle obtient une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec pour le projet Rhétorique capillaire, ainsi qu’un appui de la Fondation ForCGal pour l’œuvre Le Monarque. Parallèlement à sa pratique, elle s’implique activement dans le milieu culturel et professionnel des arts visuels.

DÉMARCHE ARTISTIQUE

Le travail de Marie-Aube Laniel se veut une célébration du temps et de la profondeur, dans un monde où la modernité impose une vitesse de vie délétère. Elle conteste la superficialité moderne et l’hypertrophie du consumérisme, qui, depuis la révolution industrielle, ont engendré une aliénation des individus par rapport aux ressources naturelles et induisent une pression de performance constante. Archiviste du temps qui passe, elle ancre ses œuvres dans un contexte historique; elle tente de tisser le passé pour éclairer l’avenir, de sculpter l’invisible afin d’ouvrir des espaces de dialogue, de mémoire.

Sa pratique s’articule autour d’une exploration minutieuse de l’utilisation de divers végétaux indigènes renouvelables et récoltés de façon éthique, ce qui nécessite une compréhension intime des cycles de renouvellement naturels. Son travail comprend une importante dimension de recherches botaniques pour la découverte de nouvelles fibres sculpturales et de nouveaux supports biodégradables. Elle y intègre 24 variétés de saule provenant de la culture de son oseraie, choisies avec soin pour leurs propriétés distinctives. En recourant uniquement à des matériaux biodégradables, elle invite à une reconsidération des rapports que nous entretenons à la matière et aux traces que nous laisserons derrière nous. En assemblant les matériaux naturels par le geste humain, elle rend visible l’interdépendance constitutive du vivant et la trame relationnelle dont nous faisons partie.

Son travail vise à valoriser les savoirs traditionnellement féminins (cueillette, vannerie, broderie, tissage) à travers une réinterprétation contemporaine, afin de redonner voix à celles qui, par leur ingéniosité et leur dévouement, ont soutenu les conditions de vie de leurs familles à travers les âges.

S’inspirant des réflexions d’Arthur Lochman sur « l’éthique du faire », sa pratique met en exergue la solidité des métiers artisanaux en tant que réponse à l’instabilité contemporaine. En favorisant une reconnexion entre l’humain et l’acte de création, elle soutient l’idée que s’identifier à ce que l’on crée, plutôt qu’à ce que l’on consomme, est non seulement un acte d’affirmation personnelle, mais également un acte de résistance. En encourageant le ralentissement et la réflexion, son travail vise à établir un lien entre ces compétences ancestrales et les enjeux contemporains, démontrant que les savoirs traditionnels peuvent offrir des solutions aux défis écologiques modernes.

ÉTONNANTE EFFLORESCENCE

De Brigitte Baillargeon

BIOGRAPHIE

Brigitte Baillargeon est une artiste visuelle multidisciplinaire établie à Sherbrooke et diplômée en arts visuels de l’Université Bishop. Sa pratique, guidée par l’intuition et l’expérimentation, explore le dessin, la peinture, le collage, la broderie et les techniques mixtes. Elle privilégie la matérialité du papier, l’accident et le geste, intégrant souvent le fil ou la broderie pour instaurer un dialogue entre l’aléatoire et le déterminé, le fluide et le concret. Sa démarche s’inspire d’une filiation féminine, héritée des travaux d’aiguille transmis de génération en génération, et s’inscrit dans une réflexion sur la mémoire, l’intime et la poésie du quotidien.

Depuis plus de vingt ans, Brigitte Baillargeon a présenté son travail lors de nombreuses expositions au Québec, au Canada et aux États-Unis, notamment au Centre communautaire et culturel François-Dunn à Sherbrooke, à L’Artothèque de Montréal, au Washington Street Art Center (Dakota du Sud) et dans le cadre de la résidence « Luminous Bodies » à Toronto. Ses œuvres font partie de collections privées au Québec et en France. Membre active du RAAV, du Conseil de la culture de l’Estrie et de la Maison des arts et de la culture de Brompton, elle poursuit une démarche où la lenteur du geste, la superposition et l’hybridation des matériaux deviennent autant de façons de questionner l’héritage, la transmission et la présence du féminin dans l’art actuel.

DÉMARCHE ARTISTIQUE

Bachelière en beaux-arts de l’université Bishop, la pratique artistique de Brigitte Baillargeon s’inscrit dans une réflexion sur la consommation, la récupération et le respect du vivant. Elle explore la lenteur comme une forme de résistance à l’accélération du quotidien, en privilégiant des gestes patients, méditatifs et attentifs à la transformation de la matière. Fabriquer ses propres encres à partir de plantes récoltées localement et de résidus végétaux issus de la préparation des repas est devenu pour elle un geste fondamental, qui relie son processus créatif au cycle du vivant et à la richesse discrète du quotidien. Ce choix de matériaux issus de la vie de tous les jours crée un pont entre l’intime et l’universel, invitant à reconsidérer la valeur de ce qui est souvent perçu comme ordinaire ou éphémère. 

L’artiste intègre également à ses œuvres des fleurs séchées, de la cire d’abeille, du crayon, du papier calque, ainsi que du fil et de la broderie. Ces derniers, héritages transmis par les femmes de sa famille, incarnent la patience, la résilience et la filiation. Le fil, en traversant la surface du papier, devient trace, mémoire et geste de réparation. Il tisse des liens entre générations, entre passé et présent, et apporte une structure délicate à l’ensemble de ses compositions. 

Par la superposition des matières, la transparence et la délicatesse des interventions, ses œuvres invitent le regard à ralentir, à contempler et à s’ouvrir à une expérience sensorielle et poétique. Son intention est de proposer des espaces de transformation, où l’accident et la maîtrise coexistent, et où chaque œuvre devient une invitation à la résonance émotionnelle. Elle souhaite ainsi offrir au public un lieu de rencontre avec l’essentiel, où l’art agit comme un miroir du vivant et de la mémoire, tout en ouvrant un dialogue entre la nature, le geste et le temps.


 


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