Programmation estivale des expos intérieures

MOSAÏQUES HUMAINES

Pour sa saison estivale 2026, la Maison des arts et de la culture de Brompton (MACB) vous propose différentes expositions, tant intérieures qu’extérieures, autour de la thématique Mosaïques humaines.

La mosaïque est un art ancestral qui traverse les époques et les civilisations, de l’Antiquité aux pratiques contemporaines, sans jamais cesser de se réinventer. Traditionnellement composée d’une multitude de fragments — tesselles de pierre, de verre ou de céramique — assemblés par un liant, elle repose sur une tension constante entre la singularité de chaque élément et la cohérence de l’ensemble. Cette logique d’assemblage s’étend bien au-delà du médium lui-même, inspirant des artistes, des architectes et des artisan·e·s qui explorent ainsi la répétition de motifs, la juxtaposition d’éléments disparates ou encore l’accumulation organisée selon un rythme précis.

Ainsi, on peut extrapoler le concept de mosaïque à la courtepointe, au all-over, au collage, aux constellations d’images; on peut même la comparer à des phénomènes qui sortent du champ des art visuels tels que que les dynamiques sociales, où des éléments hétérogènes coexistent sans se fondre en un tout homogène. La mosaïque devient alors un mode d’organisation fondé sur la pluralité : juxtaposition de cultures, de corps et de récits, dont la cohérence ne réside pas dans l’uniformité, mais dans la relation. À l’image de l’évolution parallèle des mouvements sociaux, chaque fragment conserve sa singularité tout en participant à une structure plus large, en constante reconfiguration. La mosaïque se fait alors métaphore du vivre-ensemble.

DÉRIVES SOMATIQUES

D’Isabelle Tessier

BIOGRAPHIE

Isabelle Tessier est une artiste visuelle qui vit et travaille à Saint-Jérôme, dans les Laurentides. Diplômée du baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal en 2019, elle développe une pratique multidisciplinaire à la croisée de la photographie, de la sérigraphie, du textile, de la sculpture, de l’installation et de la performance.

Son travail a été présenté dans plusieurs expositions collectives, notamment à la Maison des arts de Laval, au Musée d’art contemporain des Laurentides, à Arprim, à la Galerie de l’UQAM et à la Place des Arts. Depuis la fin de ses études, elle a également participé à divers projets de diffusion dans des contextes institutionnels et autogérés, contribuant à inscrire sa pratique dans la scène artistique des Laurentides et de Montréal. Son travail sera présenté à Montréal à compter du mois de novembre au Centre culturel Georges-Vanier.

Isabelle Tessier a réalisé des résidences de création à Zocalo et à l’Atelier de l’île. Son travail a été soutenu par une bourse de production Arprim/École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM, par une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec dans le cadre du Programme de partenariat territorial des Laurentides, ainsi que par une bourse de perfectionnement de Culture Laurentides. 

En parallèle de sa pratique, elle enseigne les arts visuels au cégep de Saint-Jérôme et s’implique activement dans le milieu artistique des Laurentides à titre d’administratrice au Musée d’art contemporain des Laurentides, à l’Atelier de l’île et à Culture Laurentides. 

DÉMARCHE ARTISTIQUE

À travers sa pratique artistique, Isabelle Tessier s’intéresse à la manière dont nos désirs investissent nos corps, nos objets et nos espaces habitables. Ils l’investissent si puissamment qu’ils en viennent par moment à nous détourner du réel. Récemment inspirée par la lecture de l’essai À l’assaut du réel de Gérald Bronner, elle s’intéresse à cette force qui nous porte à vouloir plier le monde à notre mesure, à le rendre plus malléable, plus séduisant, mais surtout plus conforme à nos immodérables envies. Que reste-t-il du réel lorsqu’une culture visuelle, un ordre social et une économie de la consommation s’acharnent à le rendre moins habitable que désirable?

Comme artiste visuelle, c’est par une approche installative, hybridant la photographie, l’estampe, le textile, la sculpture et la performance qu’Isabelle s’applique à faire glisser des fragments corporels dans le champ de l’objet usuel et du mobilier. Grâce au photomontage, elle crée des motifs farfelus mettant en relation les babioles les plus banales avec la figure humaine.  Ces trames reproductibles sont sérigraphiées sur des objets à caractère anthropomorphique, proposant une mise en abîme infinie entre le corps et l’objet usuel. Le corps humain y apparaît alors comme un contaminant qui s’imprime et se moule à la surface des choses.

Son langage visuel emprunte aux codes esthétiques de la sphère domestique dans le but d’interroger le lien affectif que nous entretenons avec les objets industriels qui saturent le quotidien. L’artiste y examine la manière dont le désir, au-delà du seul registre sexuel, s’inscrit dans des logiques d’appropriation, de possession, de confort et de consommation. Les œuvres prennent ainsi des formes joviales, ludiques, séduisantes, dans une proximité délibérée avec les stratégies visuelles marchandes par lesquelles les objets sollicitent l’attention et produisent l’envie. Cette esthétique de surface agit ainsi comme un leurre : par leur séduction visuelle, ses œuvres révèlent une pulsion viscérale où le plaisir de désirer se confond souvent avec le désir de posséder.

Elle explore ainsi ce qu’il y a de fondamentalement érotique dans toute forme de désir, qu’il se fixe sur un corps, une image, un objet ou toute autre promesse de plaisir. En ce sens, le désir n’apparaît pas dans son travail comme une force strictement intime ou personnelle, mais comme une dynamique socialement organisée, alimentée par des régimes d’images, des dispositifs marchands et des normes qui façonnent nos manières d’habiter le monde. Le travail d’Isabelle Tessier jette ainsi un regard cynique sur cette propension à consommer avec excès le corps, comme l’objet.

SE PERCEVOIR

De Marielle Saucier

BIOGRAPHIE

Artiste visuelle et artisane textile établie à Montréal, Marielle Saucier est diplômée en construction textile au Cégep du Vieux Montréal (2022) et est titulaire d’une mineure en psychologie de l’Université de Montréal (2016).

Marielle est active dans les milieux des arts visuels et métiers d’art au Québec et en Ontario.  Son travail a récemment été présenté lors d’expositions individuelles et collectives, de foires d’art contemporain et de salons.  Elle est boursière du CALQ dans le cadre du Programme Arts et lettres de Montréal (2025), lauréate du Prix de la relève Jean-Cartier (2024) et finaliste pour le Prix François-Houdé (2025 et 2024).  Ses œuvres font partie de la collection d’œuvres d’art de la ville de Montréal et de collections privées.

Parallèlement à sa pratique artistique, Marielle enseigne à titre de chargée de cours au Centre des textiles contemporains de Montréal et anime divers ateliers textiles dans la région de Montréal.

DÉMARCHE ARTISTIQUE

Animée par le geste et son potentiel d’expression vulnérable, l’artiste et artisane Marielle Saucier rend visibles des expériences psychiques intimes à travers la matière et sa dimension sensible.  En adoptant une posture autobiographique, elle observe et interprète sa réalité mentale, tant pour en dépeindre des concepts, que pour en emprunter des éléments visuels : l’anatomie cérébrale.  Le plus souvent, son travail prend la forme de tableaux textiles, parfois, de sculptures ou d’installations.

La pratique de Marielle s’inscrit dans une réflexion sur la lenteur et la temporalité, qu’elle aborde par la répétition du geste et le temps long inhérent aux pratiques artisanales.  L’artisane découvre et déploie soigneusement les chorégraphies manuelles propres aux différents savoir-faire textiles.  Elle tisse et elle brode, un fil à la fois, et ornemente, une perle à la fois.  Répétant chaque geste, comme une douce obsession.  Les mouvements de ses mains, lents et répétitifs, deviennent alors des actes de résistance face à une société en constante accélération.  

Cette dualité qui habite l’artiste, entre structure et spontanéité, agit comme un principe formel au sein de sa pratique et oriente ses choix techniques et matériels.  Cette tension se manifeste dans un travail technique soigné — carré —, et dans l’utilisation du mouvement intuitif pour penser la forme — courbe.  Elle se traduit dans l’architecture  méthodique du tissage et la flexibilité des techniques manuelles.  Et d’autres fois, elle se révèle dans la dureté des fils de métal et la souplesse des fibres naturelles.  Dès lors, des éléments abstraits et organiques, souvent improvisés, émergent de constructions ordonnées qui suggèrent des limites ou des cadres.

Par son travail, Marielle propose une expérience sensible ancrée dans la matérialité et le savoir-faire, invitant la personne spectatrice à éveiller sa curiosité, à interroger sa perception du temps et de sa valeur, et la manière dont elle-même négocie l’équilibre entre contrôle et lâcher-prise.

100 000 NOEUDS

De Maude Blondin-Benoit

BIOGRAPHIE

Originaire de Montréal, Maude Blondin-Benoit, alias Tortue Fleurie, est une artiste textile aujourd’hui établie à Sherbrooke. Son parcours est à la fois autodidacte et nourri d’études en musique classique et en arts visuels. L’exploration autour de la composition des couleurs, l’association de textures, le rythme et la répétition d’un geste précis sont au cœur de sa pratique. 

Son intérêt marqué pour l’art écoresponsable et la valorisation de fibres recyclées a émergé alors qu’elle résidait en Nouvelle-Écosse pour son travail. C’est dans les provinces maritimes qu’elle découvre le travail d’artistes textiles contemporains ainsi que la technique ancestrale du tapis hooké sur toile de jute. Cette rencontre l’oriente vers une pratique où elle réunit des techniques textiles artisanales et modernes pour créer des œuvres sensorielles à partir de matières récupérées.

De retour au Québec, elle s’installe à Sherbrooke et s’implique dans la vie culturelle locale, notamment à Lennoxville. En 2025, son installation participative 10 000 Nœuds reçoit le prix « Coup de cœur » de l’Université de Sherbrooke et est sélectionnée par la Maison des arts et de la culture de Brompton. Elle participe également à une résidence de création à la Maison Bleue du domaine Howard (juillet-août 2026), suivie d’une exposition en août organisée par le Comité Arts et Culture Jacques-Cartier.

DÉMARCHE ARTISTIQUE


EXPOSITIONS DU PRINTEMPS 2026

RÉCITS ENTRELACÉS

D’Anne Bolduc et Claude Sauvageau

BIOGRAPHIE

Anne Bolduc

Après avoir vécu aux quatre coins du Québec (Canada), c’est à Sherbrooke qu’Anne Bolduc a choisi de s’installer et de se consacrer à la création artistique. À peine diplômée en arts visuels à l’Université de Sherbrooke, elle reçoit plusieurs invitations à exposer en solo et en duo dans différents lieux de diffusion de l’Estrie. Son amour pour la nature et le vivant est au centre de sa pratique artistique qui englobe les couleurs végétales, les fibres, les sculptures et les installations sculpturales. Son installation « Le juste milieu », présentée lors de l’exposition collective « La trame de l’invisible » à la Galerie d’art Antoine-Sirois au printemps 2025, a été sélectionnée par la Maison des arts et de la culture de Brompton. Elle s’est également vue décerner le prix « Coup de cœur » de la doyenne de la Faculté des lettres et des sciences humaines.

Claude Sauvageau

Après des études supérieures dans les domaines de l’éducation et des arts, Claude Sauvageau a travaillé pendant de nombreuses années en tant que professionnelle pour diverses institutions culturelles québécoises. Les rencontres avec différents acteurs de ce milieu lui ont permis d’approfondir ses réflexions sur sa propre pratique. À la suite d’une exposition collective au centre d’art Arts Sutton, elle a remporté le prix du jury de l’Expo-concours 2022, lui permettant d’exposer en solo à l’Espace Claire-Léger en 2023. Sa démarche découle de l’exploration de plusieurs disciplines artistiques, notamment la reliure d’art, la sculpture, la gravure et la tapisserie.

DÉMARCHE ARTISTIQUE

Récits entrelacés propose la rencontre de deux démarches artistiques distinctes, qui, bien que singulières dans leurs formes et techniques, se rejoignent autour de préoccupations communes: la mémoire, le geste, la transmission et la matérialité du fil comme vecteur de récit.

À travers des œuvres réalisées par tissage, broderie ou assemblage, les artistes convoquent un langage textile où les fibres deviennent matière narrative. Les textiles racinaires d’Anne Bolduc, dont l’intervention humaine limitée permet la croissance imprévisible des racines, rencontrent les œuvres en métal récupéré de Claude Sauvageau, à la croisée entre broderie, reliure et l’artefact. Ces œuvres sont autant de fragments d’identités et de vestiges, réunis dans un dialogue silencieux entre le fil et la forme.

Chaque pièce accorde une place essentielle à la lumière qui ne se contente pas d’éclairer les pièces, mais en révèle la portée poétique, souligne les détails, prolonge les gestes et guide le regard du visiteur vers des strates de sens parfois invisibles au premier abord. La lumière devient alors un outil de lecture et de contemplation, faisant émerger une multitude de trames en perpétuelle réinvention.

Ce projet souhaite ainsi proposer une expérience immersive et méditative, où l’art textile devient un langage à part entière — porteur d’émotion, de mémoire et de renouvellement.

FIL DE VIE

De Marie-Aube Laniel

BIOGRAPHIE

Originaire de Maniwaki et établie au Centre-du-Québec, Marie-Aube Laniel développe une pratique artistique ancrée dans le territoire, attentive aux cycles du vivant et aux dimensions historiques, sociales et écologiques des matériaux qu’elle mobilise. 

Formée d’abord en joaillerie, puis au deuxième cycle en histoire à l’Université du Québec à Montréal et en développement culturel à l’Université Laval, Marie-Aube Laniel a également complété de nombreux perfectionnements en land art, en vannerie et en pratiques sculpturales liées aux fibres végétales. Cette formation hybride nourrit une démarche à la croisée de la recherche, de la création et de la transmission. 

Son travail a fait l’objet de plusieurs expositions solos et collectives diffusées à travers le Québec, notamment au sein de musées, de centres d’art et de lieux de diffusion professionnelle reconnus. Elle a présenté ses projets dans des contextes institutionnels et spécialisés en art actuel et en art nature, en plus de participer à des résidences d’artistes et à des événements de création devant public. Une importante part de sa pratique est également consacrée à la médiation culturelle, qu’elle conçoit comme un espace de partage des savoirs et de réflexion collective.

En 2024, elle reçoit le prix Début de carrière professionnelle du Conseil de la culture du Centre-du-Québec. En 2025, elle obtient une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec pour le projet Rhétorique capillaire, ainsi qu’un appui de la Fondation ForCGal pour l’œuvre Le Monarque. Parallèlement à sa pratique, elle s’implique activement dans le milieu culturel et professionnel des arts visuels.

DÉMARCHE ARTISTIQUE

Le travail de Marie-Aube Laniel se veut une célébration du temps et de la profondeur, dans un monde où la modernité impose une vitesse de vie délétère. Elle conteste la superficialité moderne et l’hypertrophie du consumérisme, qui, depuis la révolution industrielle, ont engendré une aliénation des individus par rapport aux ressources naturelles et induisent une pression de performance constante. Archiviste du temps qui passe, elle ancre ses œuvres dans un contexte historique; elle tente de tisser le passé pour éclairer l’avenir, de sculpter l’invisible afin d’ouvrir des espaces de dialogue, de mémoire.

Sa pratique s’articule autour d’une exploration minutieuse de l’utilisation de divers végétaux indigènes renouvelables et récoltés de façon éthique, ce qui nécessite une compréhension intime des cycles de renouvellement naturels. Son travail comprend une importante dimension de recherches botaniques pour la découverte de nouvelles fibres sculpturales et de nouveaux supports biodégradables. Elle y intègre 24 variétés de saule provenant de la culture de son oseraie, choisies avec soin pour leurs propriétés distinctives. En recourant uniquement à des matériaux biodégradables, elle invite à une reconsidération des rapports que nous entretenons à la matière et aux traces que nous laisserons derrière nous. En assemblant les matériaux naturels par le geste humain, elle rend visible l’interdépendance constitutive du vivant et la trame relationnelle dont nous faisons partie.

Son travail vise à valoriser les savoirs traditionnellement féminins (cueillette, vannerie, broderie, tissage) à travers une réinterprétation contemporaine, afin de redonner voix à celles qui, par leur ingéniosité et leur dévouement, ont soutenu les conditions de vie de leurs familles à travers les âges.

S’inspirant des réflexions d’Arthur Lochman sur « l’éthique du faire », sa pratique met en exergue la solidité des métiers artisanaux en tant que réponse à l’instabilité contemporaine. En favorisant une reconnexion entre l’humain et l’acte de création, elle soutient l’idée que s’identifier à ce que l’on crée, plutôt qu’à ce que l’on consomme, est non seulement un acte d’affirmation personnelle, mais également un acte de résistance. En encourageant le ralentissement et la réflexion, son travail vise à établir un lien entre ces compétences ancestrales et les enjeux contemporains, démontrant que les savoirs traditionnels peuvent offrir des solutions aux défis écologiques modernes.

ÉTONNANTE EFFLORESCENCE

De Brigitte Baillargeon

BIOGRAPHIE

Brigitte Baillargeon est une artiste visuelle multidisciplinaire établie à Sherbrooke et diplômée en arts visuels de l’Université Bishop. Sa pratique, guidée par l’intuition et l’expérimentation, explore le dessin, la peinture, le collage, la broderie et les techniques mixtes. Elle privilégie la matérialité du papier, l’accident et le geste, intégrant souvent le fil ou la broderie pour instaurer un dialogue entre l’aléatoire et le déterminé, le fluide et le concret. Sa démarche s’inspire d’une filiation féminine, héritée des travaux d’aiguille transmis de génération en génération, et s’inscrit dans une réflexion sur la mémoire, l’intime et la poésie du quotidien.

Depuis plus de vingt ans, Brigitte Baillargeon a présenté son travail lors de nombreuses expositions au Québec, au Canada et aux États-Unis, notamment au Centre communautaire et culturel François-Dunn à Sherbrooke, à L’Artothèque de Montréal, au Washington Street Art Center (Dakota du Sud) et dans le cadre de la résidence « Luminous Bodies » à Toronto. Ses œuvres font partie de collections privées au Québec et en France. Membre active du RAAV, du Conseil de la culture de l’Estrie et de la Maison des arts et de la culture de Brompton, elle poursuit une démarche où la lenteur du geste, la superposition et l’hybridation des matériaux deviennent autant de façons de questionner l’héritage, la transmission et la présence du féminin dans l’art actuel.

DÉMARCHE ARTISTIQUE

Bachelière en beaux-arts de l’université Bishop, la pratique artistique de Brigitte Baillargeon s’inscrit dans une réflexion sur la consommation, la récupération et le respect du vivant. Elle explore la lenteur comme une forme de résistance à l’accélération du quotidien, en privilégiant des gestes patients, méditatifs et attentifs à la transformation de la matière. Fabriquer ses propres encres à partir de plantes récoltées localement et de résidus végétaux issus de la préparation des repas est devenu pour elle un geste fondamental, qui relie son processus créatif au cycle du vivant et à la richesse discrète du quotidien. Ce choix de matériaux issus de la vie de tous les jours crée un pont entre l’intime et l’universel, invitant à reconsidérer la valeur de ce qui est souvent perçu comme ordinaire ou éphémère. 

L’artiste intègre également à ses œuvres des fleurs séchées, de la cire d’abeille, du crayon, du papier calque, ainsi que du fil et de la broderie. Ces derniers, héritages transmis par les femmes de sa famille, incarnent la patience, la résilience et la filiation. Le fil, en traversant la surface du papier, devient trace, mémoire et geste de réparation. Il tisse des liens entre générations, entre passé et présent, et apporte une structure délicate à l’ensemble de ses compositions. 

Par la superposition des matières, la transparence et la délicatesse des interventions, ses œuvres invitent le regard à ralentir, à contempler et à s’ouvrir à une expérience sensorielle et poétique. Son intention est de proposer des espaces de transformation, où l’accident et la maîtrise coexistent, et où chaque œuvre devient une invitation à la résonance émotionnelle. Elle souhaite ainsi offrir au public un lieu de rencontre avec l’essentiel, où l’art agit comme un miroir du vivant et de la mémoire, tout en ouvrant un dialogue entre la nature, le geste et le temps.


EXPOSITIONS D’HIVER 2026

Jusqu’au 22 mars 2026, nous accueillons les expositions hivernales à la Maison des arts et de la culture de Brompton. Les artistes Claudel Lauzière Vanasse, Étienne Rousseau et Ponk (finaliste au Prix Relève 2025 du Conseil de la culture de l’Estrie) présentent leur corpus respectif qui abordent des thématiques telles que le deuil, la maladie et la dégradation du vivant, mais aussi de la résilience qui émerge de chacune de ces situations.

LE JARDIN DES NAUFRAGES

par Claudel Lauzière Vanasse

BIOGRAPHIE

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Claudel Lauzière Vanasse est né à Drummondville en 1993. Il détient un baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal de même qu’une maîtrise en arts visuels de l’Université Laval. Il a aussi étudié à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Multidisciplinaire, sa pratique s’inscrit principalement dans le champ pictural ainsi que ceux des arts numériques et de l’installation. Il s’intéresse aux questions relatives à l’identité, au genre, à l’hybridité, au statut de l’objet d’art ainsi qu’à la relation entre les codes sociaux et les codes propres à chaque médium artistique. 

L’artiste se démarque dès le début de sa carrière en remportant plusieurs prix, bourses et distinctions, dont la bourse Tremplin du programme Soutien à la pratique artistique des jeunes, offert par la Ville de Drummondville (2017).

Depuis 2019, il enseigne les arts visuels au Cégep de Drummondville tout en poursuivant sa carrière d’artiste. De plus, il s’implique dans le milieu artistique de sa région, notamment à la Fondation Grantham pour l’art et l’environnement dont il devient le directeur des opérations en 2024. 

Son travail a été mis en valeur dans plusieurs expositions individuelles et collectives, présentées dans diverses villes du Québec et à Paris. On retrouve ses œuvres dans des collections privées et publiques, entre autres celles de la Ville de Drummondville, de la MRC de Drummond et du Cégep de Drummondville.

Démarche artistique

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Le travail de Claudel Lauzière Vanasse s’inscrit dans une volonté d’explorer les différentes composantes ainsi que les multiples facteurs qui constituent l’identité. À sa manière, il tente de répondre à cette question qui peut paraître simple, mais dont la réponse semble paradoxalement toujours être en évolution : quelles sont les caractéristiques intrinsèques qui nous définissent et comment peuvent-elles prendre forme au sein du langage plastique ?

Il lui vient alors le réflexe de mettre le tout en perspective en soulevant l’ambiguïté et la complexité qui caractérisent la majorité des concepts reliés à cette réflexion. En mobilisant la figure de l’hybride, l’artiste aborde les notions d’intersection et d’entre-deux, mais aussi la possibilité du « à la fois ». Cette approche lui permet d’outrepasser la binarité des couples conceptuels comme le construit et le déconstruit, le vrai et le faux, le masculin et le féminin.

Parallèlement, ses recherches portent sur des questions relevant de la peinture tout en empruntant des stratégies associées à d’autres médiums comme la sculpture, la photographie et le photomontage numérique. Il en résulte des œuvres hybrides qui interrogent leur propre statut. Dans un rapport analogique, les différentes étapes nécessaires à la construction de l’image ou de l’objet sur le plan plastique font alors écho aux différents motifs de l’identité.

LE MONDE DANSE ENCORE

par Étienne Rousseau

BIOGRAPHIE

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Étienne Rousseau est un artiste originaire de Québec, établi à Sherbrooke. Détenteur d’un baccalauréat et d’une maîtrise en arts visuels de l’École d’art de l’Université Laval, il a également complété diverses formations spécialisées en photographie et en estampe.
Son travail a été présenté dans divers lieux d’exposition, dont Manif d’art, Atoll – art actuel, le Centre des arts et de la culture de Saguenay, l’Espace culturel du Quartier ainsi qu’à la Bibliothèque de Chicoutimi en collaboration avec Le Lobe et la Ville de Saguenay. Il a aussi exposé à l’international, notamment en Belgique, en Italie et en Espagne. Il participe à des initiatives visant à démocratiser l’art, notamment Les fenêtres qui parlent, Les Encans de la quarantaine et La mini-expo à Cartier-Brébeuf.

démarche artistique

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Sa pratique explore la mémoire du corps, ses transformations et ses traces. Il interroge les tensions entre présence et absence, soin et poison, beauté et abjection, en mettant en lumière la fragilité de l’existence et les marques qu’elle laisse derrière elle. La métaphore occupe une place importante dans son travail, particulièrement à travers ses objets transformés, qui deviennent des images poétiques et symboliques autant que des formes matérielles.

Par des formes organiques, des textures virulentes et des teintes acidulées, il évoque un univers en mutation où la vitalité côtoie la dégradation. Ses œuvres empruntent à la biologie, au minéral et au cellulaire, tissant des analogies entre microcosme et cosmos, corps et paysage, entre ce qui grandit et ce qui s’efface. Les couleurs radioactives, les structures flottantes et les éléments hybrides matérialisent la progression insidieuse de la maladie, de l’altération et du passage du temps.

L’archive occupe une place essentielle dans son travail : qu’elle soit médicale, intime ou sensorielle, elle devient un vestige du corps, une tentative de saisir l’inexorable. Il s’attarde sur les cicatrices visibles et invisibles, les traces laissées par l’érosion du temps, les empreintes d’une disparition en cours.

À travers l’accumulation, la superposition et l’effritement, il cherche à matérialiser ce qui échappe, à révéler ce qui persiste malgré l’absence. Son travail oscille entre l’intime et l’archivistique, la chair et la trace, le biologique et l’abstrait. Il constitue une cartographie du passage, un dialogue entre la transformation et l’oubli où chaque élément devient un témoin de ce qui fut, de ce qui lutte pour rester.

PRÉMISSE D’UNE BRODERIE

par Ponk

biographie

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SherbrookoisE, Ponk est unE artiste non-binaire dont la pratique se concentre principalement sur les arts textiles, qu’iel aborde comme un espace de résistance, de mémoire et de transformation. Membre du Club de dessin de Sherbrooke, iel s’associe à une esthétique punk, revendiquant une approche indisciplinée, expressive et critique des normes établies.

Titulaire d’un baccalauréat en Arts visuels et médiatiques de l’UQAM, Ponk évolue entre enseignement et création, cultivant une démarche transversale où le geste artistique dialogue avec la transmission. Sa pratique s’ancre dans des techniques telles que la broderie libre à la machine, la gravure et la sérigraphie, qu’iel mobilise pour interroger les frontières entre texte, image et matière.

Son travail explore les dimensions intimes et politiques du textile, sa capacité à faire trace, à porter le corps et à créer du lien. À travers une approche rigoureuse et introspective, iel valorise les savoirs issus du geste, questionne les normes sociales et rend visible ce qui est souvent relégué au silence — douleur, mémoire, vulnérabilité.

LauréatE de la bourse Robert-Wolfe en 2020, Ponk reçoit en 2025 une bourse de recherche et création de la Ville de Sherbrooke pour le projet Broderies privées, amorcé lors d’une résidence estivale conclue par l’exposition Fils Sources. Ce projet en cours prend la forme d’un livre d’artiste sculptural dont les fragments se déploient dans l’espace, explorant la transformation du langage écrit en œuvre textile.

Son travail a été présenté dans divers contextes régionaux, notamment dans le cadre du Comité Arts et Culture Jacques-Cartier. Iel poursuit actuellement sa recherche autour de la performativité du textile, de l’espace du livre et de la broderie comme écriture, dans une perspective où l’art devient à la fois catharsis et outil de dialogue collectif.

démarche artistique

AtteintE de la maladie de Crohn et étant non-binaire, l’ensemble de ses œuvres s’oriente dans une perspective de réponse face aux angoisses du corps. Son travail résolument personnel ne s’inscrit pas dans le courant actuel plus conceptuel. Il tente une communication intime avec le spectateur dans le partage du questionnement face au corps : de la douleur, de l’angoisse, et, dans l’espoir possible de transcender la laideur et la maladie par une beauté fragile et étrange. 

La notion d’autoportrait et de vulnérabilité s’inscrit dans ses œuvres d’où transparaît un mélange entre des gestes parfois maladroits et violents dans un besoin de catharsis, et une certaine douceur dans des gestes intimes tels que la broderie. Son travail se réfère indéniablement au corps de façon figurative, métaphorique ou simplement dans la trace grossière de ses propres actions. 

À travers principalement la sculpture, mais aussi la sérigraphie et la broderie, iel explore son rapport au corps et son potentiel de cassure. La notion de non-binarité est présente dans ses plus récentes créations et tente une présentation de la discordance entre la perception de soi et les normes sociales. À travers ses sculptures, iel questionne, dénonce et amorce son processus de guérison.

* tout le crédit des photos revient au photographe dominick ménard


Programmation

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hORAIRE RÉGULIER

Fermé: en montage jusqu’au 13 septembre

Lundi: fermé
Mardi: fermé
Mercredi: 13h – 16h30
Jeudi: 13h – 16h30
Vendredi: 13h – 16h30
Samedi: 13h – 17h
Dimanche: 13h -17h

Aucun frais d’entrée.